Aminata Fall

Presse

Le 26 novembre 2002, Article de Djamilatou C. Diao sur le site d' "allafrica.com"
Aminata Fall : cette grande dame avait le blues.
"La communauté artistique est en deuil. Aminata Fall, la grande diva du jazz, est décédée dimanche dans sa ville natale de Saint-Louis. Absente de la scène ces dernières années à cause d'une maladie, cette chanteuse avait même été amputée de la jambe gauche. Sans moyens financiers, elle était clouée sur une chaise roulante.
Le nom de la chanteuse Aminata Fall figurera en lettres d'or dans les archives musicales sénégalaises. Cette grande dame du blues a été rappelée à Dieu dans sa ville natale de Saint-Louis qu'elle avait regagnée depuis quelques mois pour se rapprocher des siens. Aujourd'hui la musique sénégalaise, voire africaine, fera désormais son chemin sans la grande voix de la diva qui a longtemps fait bouger le public de par son inspiration et de son imagination."


Le 27 novembre 2002, nécrologie d' Olivia Marsaud pour"afrik.com".
"La dernière note d'Aminata Fall"
La diva sénégalaise s’est éteinte, dimanche, à un peu plus de 60 ans. Elle est décédée dans sa ville natale de Saint-Louis des suites d’une longue maladie. Reconnue internationalement, elle a pourtant rejoint sa dernière demeure dans l’anonymat.
La lumineuse Aminata Fall s’est éteinte.
Celle que les médias sénégalais annonçaient comme " la première cantatrice de la musique moderne sénégalaise " est décédée dans la nuit de dimanche, dans sa maison familiale de Saint-Louis (au nord du Sénégal), sa ville natale. La chanteuse souffrait depuis les années 90 d’une longue et douloureuse maladie paralysant peu à peu ses membres. Amputée d’une jambe, elle se déplaçait en chaise roulante depuis janvier 2001.
De 1950 à 1970, elle participe au vent de création qui souffle sur Saint-Louis. La légende d’Aminata raconte qu’adolescente elle vendait des cacahuètes devant le cinéma Vox, sur l’île de Saint-Louis, et que c’est en écoutant des chanteuses américaines comme Mahalia Jackson, dont les airs s’échappaient de la salle de cinéma qu’elle a pris goût à la musique. Au jazz et au blues plus précisément. Elle intègre en 1958 la formation du Star Jazz de Saint-Louis avant de rejoindre l’ensemble instrumental traditionnel du Théâtre Daniel Sorano en 1966. Elle y officiera pendant vingt ans, restant pensionnaire du théâtre jusqu’à sa retraite.
Diva du blues et du mbalax
Elle composait elle-même ses chansons et, ne sachant ni lire ni écrire, les transcrivait par des petits dessins. Elle restera dans les annales de la musique comme l’une des plus belles interprètes du blues et du mbalax (genre musical sénégalais fondé sur les percussions). La diva a également prêté sa voix et son physique au cinéma, et à un spectacle d’Oumou Sy en 1995. Le réalisateur Moussa Sène Absa lui a consacré un documentaire en 1998, Blues pour une diva.
Elle a rendu l’âme au milieu de ses cinq enfants mais oubliée par ses pairs. Aucune autorité locale ni aucun artiste n’avait fait le déplacement pour la levée du corps, lundi, à la grande mosquée du quartier Guet-Ndar. Aminata Fall repose au cimetière de Thiaka Ndiaye.


Le 28 novembre 2002, article de Véronique Mortaigne dans Le Monde
" LA CHANTEUSE de jazz et comédienne sénégalaise Aminata Fall est morte, dimanche 24 novembre, à Saint-Louis (Sénégal), sa ville natale. Elle était âgée de plus de 60 ans, sans plus de précision. D'origine sérère, Aminata Fall était l'une des grandes voix du Sénégal, sorte de Mahalia Jackson - monument du gospel - africaine. Surnommée la « Perle noire », Aminata Fall savait à merveille s'approprier les negro-spirituals nés outre-atlantique. Un jour, racontait-elle au musicien Wassis Diop pour les besoins d'un documentaire, « on m'a demandé si je venais d'Amérique, je ne savais pas où c'était, j'ai dit oui, je suis de Saint-Louis d'Amérique ». Selon les médias sénégalais, Aminata Fall, femme ample et généreuse, était « la première cantatrice de la musique moderne sénégalaise ». Depuis janvier 2001, Aminata Fall avait perdu l'usage de ses jambes et se déplaçait dans une chaise roulante, offerte par l'Association des métiers de la musique (AMS) et une ONG, Secours sans frontières. La chanteuse n'avait alors pas les moyens d'en acquérir une. Auparavant, elle avait dû subir une intervention chirurgicale en France, financée notamment par l'ancien président sénégalais Abdou Diouf grâce à des recettes de concerts organisés par des collègues artistes. Ancienne vendeuse de cacahuètes devant un cinéma de Saint-Louis, Aminata Fall fait son entrée dans la musique en 1958, au sein de l'orchestre Star Jazz. Huit ans plus tard, elle rejoint l'ensemble instrumental traditionnel du Théâtre national Daniel-Sorano, lors de la tenue à Dakar du Festival mondial des arts nègres. Pendant cette manifestation, « elle a émerveillé le public avec du blues et du jazz », se rappelle un de ses « collègues », le comédien sénégalais Thierno Ndiaye « Doss ». Elle restera pensionnaire du Théâtre jusqu'à sa retraite. Ayant fait plusieurs tournées à travers le monde, avec ses compositions de blues, de mbalakh (genre musical sénégalais fondé sur les percussions), la chanteuse a aussi joué au cinéma, dans Le Voyage de l'hyène, La Petite Vendeuse de soleil et Le Franc, du réalisateur sénégalais Djibril Diop Mambéty, mort en 1998. Moussa Sène Absa, autre réalisateur sénégalais, lui a consacré en 1998 Blues pour une diva, un documentaire évoquant la vie et la carrière de la chanteuse-comédienne. Aminata Fall, qui était mère de cinq enfants, a été inhumée le 25 novembre à Saint-Louis."


Le 31 novembre 2002, un hommage est rendu à Aminata Fall, qui est décédée le dimanche précédent. Sur le podium de "Just 4U", Vieux Mac Faye et Souleymane Faye se succèdent. Une quête est organisée au profit de la famille d'Aminata Fall. "allafrica.com"
Par F. Nzale
La voix de Aminata Fall, pionnière du jazz au Sénégal, décédée dimanche dernier à Saint-Louis, a résonné très fortement avant-hier samedi, du haut du podium du Just 4U qui lui rendait hommage. Pendant plus d'une heure, histoire de mettre dans le bain le nombreux public venu pour la circonstance, l'essentiel du répertoire de la diva a été passé en revue. Et c'est avec un plaisir non feint qu'on a pu se (re) délecter des savoureux Mboume (morceau également repris avec un collectif de rappeurs, dans Buul Falé bou bess, du Positive Black Soul - Pbs) Yaye boye, Kan Foré, etc. C'était là une mise en condition avant que le show (plus exactement, l'hommage) en live and direct ne commence.
Guitare en bandoulière, Vieux Mac Faye le premier, monte sur scène pour chevaucher ses mythes vocaux à lui, mâtinés à la sauce mbalax, avec des lucarnes sur les grands classiques des monuments du Jazz mondial ou du Blues comme Miles Davis, Duke Ellington, Roy Hanes, Randy Weston, Bob Branshaw, Aretha Franklin Des figures emblématiques que la diva Aminata Fall adorait particulièrement, tirés de leur sommeil éternel, en même temps que cette dernière, pour un hommage collectif, appuyé et des plus émouvants. À la suite de Vieux Mac, Souleymane Faye, l'un des plus excentriques de la scène musicale sénégalaise, se présentera. Avec la même verve et le même entrain, Jules tiendra son public en haleine pendant un bon moment. L'artiste posera son timbre sur des notes à la fois douces et reposantes, loin des lieux où les sonorités se font généralement bruyantes. C'est compréhensible. C'est un hommage. Au terme des différentes prestations, le "Just 4U" a organisé une quête destinée à la famille de feu Aminata Fall. Ainsi, le public a-t-il pu faire un geste.


Lors du 11 ème Festival de Jazz de Saint-Louis du 28 au 31 mai 2003 le, un hommage est rendu à Aminata Fall, un questionnaire sur elle, permet de gagner des places de concert."afrik.com"
Jazz à Saint Louis. Le Festival de Jazz de St Louis au Sénégal s’offre une vitrine sur le Net. Grâce au site de la manifestation, vous vivrez au rythme des prestations des célébrités présentes à ce grand rendez-vous du jazz africain.
La onzième édition Festival de Jazz de St Louis a démarré, ce mercredi 28 mai au Sénégal. La ville de St Louis vivra jusqu’au 31 mai prochain au rythme des langoureuses mélodies jazzy. Et grâce au site officiel de la manifestation, vous saurez à la seconde près ce qui s’y passe. Comme chaque année, le festival est un rendez-vous international de stars du jazz venues d’horizons divers. Ainsi la programmation de la partie " in " verra la participation du maître en jazz moderne, Donald Brown, qui n’avait pu prendre part à l’édition 2001. Les formations musicales comme le Saint-Louis Jazz orchestra, Diaspora Connexion Band, HWJ Project, Moctar Samb Quartet, Slang, Sibongile Khumalo et Shenandoah jazz seront également de la fête. La partie " off " ne comptera que des artistes sénégalais.
Hommage spécial à Aminata Fall
Sobre mais haut en couleurs, touches de rouge et de jaune, vous trouverez sur le site les dates et les différents lieux de concerts auxquels sont adjointes des notes de présentation des artistes. On peut simplement regretter l’absence de son pour agrémenter le contenu. Les manifestions qui entourent l’événement comme la foire artisanale, les conférences et expositions sont également détaillées. Vous pourrez également gagner des places de concert en répondant à un questionnaire sur à Aminata Fall. Un hommage tout particulier est en effet rendu à cette musicienne sénégalaise décédée en novembre 2002 d’une longue maladie. Elle avait participé aux éditions précédentes du festival notamment en 1994 et en 1998.
Le plus grand festival de jazz du continent africain reçoit cette année 500 musiciens en provenance d’Afrique mais aussi des Etats-Unis, des Antilles du Brésil ou encore de Belgique et attend près de 50 000 spectateurs. Des artistes de renommée internationale comme Doudou Ndiaye Rose, Jack De Johnette, Mc Coy Tyner, Herbie Hancock, Johnny Griffin, Gilberto Gil, Didier Lockwood, Yande Codou Sene ou encore Femi Kuti ont déjà participé à cette grand-messe musicale.
Article signé par Falila Gbadamassi


Lors du 12 ème Festival de Jazz de Saint-Louis du 5 au 8 mai 2004, le Président Abdel Kader Pierre Fal, a annoncé la création prochaine d' une académie de jazz qui portera le nom d'Aminata Fall, une grande chanteuse sénégalaise de Jazz. "afrik.com"
La douzième édition du festival débute ce mercredi au Sénégal. La douzième édition du festival international de jazz de Saint-Louis ouvre ses portes, ce mercredi, au Sénégal. Pendant quatre jours, des artistes de renommée internationale vont, grâce à leur talent, rapprocher le public du jazz. Interview d’Abdoul Kader Pierre Fall, Président du festival, qui souhaite faire participer l’Afrique à la renaissance du jazz.
Plus grand festival de jazz du continent africain, Saint-Louis va une nouvelle fois réunir des artistes de renom. Sa douzième édition mettra à l’honneur les différents courants du jazz. Une parade ira à la rencontre des habitants de Saint-Louis pour faire descendre le jazz dans la rue. De Manu Dibango à Benny Golson en passant par Omar Sy, de célèbres virtuoses feront le bonheur des amateurs et des profanes pendant quatre jours.
Afrik : Pourquoi un tel festival ?
Abdoul Kader Pierre Fall : Je crois que le jazz est une manière de rendre justice à l’Afrique. Je pense que l’Afrique a besoin de se régénérer dans cette musique. Notre objectif est de permettre au continent noir de participer à la renaissance du jazz. Dans la continuité du festival, nous allons créer une Académie de jazz qui portera le nom d’Aminata Fall, une grande chanteuse sénégalaise de jazz.
Afrik : Quelles sont les nouveautés du festival par rapport aux éditions précédentes ?
Abdoul Kader Pierre Fall : Le festival veut renouer cette année avec le jazz pur. Il se caractérise cette année par la venue d’un orchestre de parade de France. L’une des spécificités de cette édition est la présence de deux orchestres sénégalais qui vont commémorer l’abolition de l’esclavage.
Afrik : Quels sont les temps forts de ce festival ?
Abdoul Kader Pierre Fall : Nous aurons de grands noms du jazz avec des têtes d’affiche comme le pianiste Benny Golson. Nous aurons la présence d’Ahmed Gulbay, un pianiste turc autodidacte, qui sera accompagné d’une talentueuse soliste de jazz. La performance du Soweto Jazz Express, composé des plus prestigieux musiciens sud- africains, sera un autre temps fort du festival. Nous allons également organiser une parade dans la ville de Saint-Louis, ainsi qu’une conférence avec nos partenaires ce samedi.
Afrik : Y a-t-il beaucoup d’artistes africains à ce festival ?
Abdoul Kader Pierre Fall : Les artistes africains seront bien représentés dans ce festival notamment avec les musiciens du Soweto Jazz Express et du Saint-Louis Jazz Orchestra IV. Mais aussi avec la présence du Camerounais Roger Onglo et du Sénégalais Omar Sy.


Article d' Assane SAMB parue le 7 avril 2008, dans "seneweb.com"
LABA SOCE, NDIAGA MBAYE, AMINATA FALL MAKHOURA DIA GUEYE.... Tragique solitude de fins de jours des artistes.
Ils ont pour noms Laba Sosseh, Ndiaga Mbaye, Aminata Fall, Makhourédia Guèye, etc. Tous des artistes de la musique et de l’art dramatique, sans oublier beaucoup d’autres aujourd’hui disparus et qui officiaient dans l’art, lato sensu. Ils ont un trait commun, c’est d’être morts dans une sorte de solitude n’eût été l’assistance des membres de leurs familles et de quelques bonnes volontés. Pour le célèbre chanteur Ndiaga Mbaye, après plus de 30 ans de carrière musicale, il a disparu sans maison ni voiture, lesquelles lui ont été promises la veille de sa mort sans qu'il n'y ait jamais eu de suite.
Pour le célèbre «Maestro» Laba Socé, le Roi de la musique Salsa, celui-là qui aurait convaincu l’Europe et les Caraïbes, il a fallu que quelques uns de ses amis organisent un Téléthon qui lui procurera quelques subsides, mais à un moment très critique de sa longue maladie qui l’emportera finalement. Naguère, le sort de la célèbre artiste comédienne et chanteuse Aminata Fall n’aura pas été des meilleurs, même si elle a finalement reçu une certaine assistance.
Hier, c’est Makhourédia Guèye qui a tiré sa révérence avec le sentiment qu'à la population de non-assistance que ce soit l'Etat et de personnes privées à l'endroit d'artistes célèbres mais pas riches qui en ont eu vraiment besoin à la fin de leur vie. Mais si M. Guèye au moins avait sa maison à Pikine (banlieue dakaroise), pour Ndiaga Mbaye et Laba Socé, cela n’a pas été le cas.
C’est dire que ceux qui ont passé toute leur vie à nous faire rire et surtout à stimuler la bonne humeur dans les foyers mais également à passer des messages aux populations et surtout à éduquer les jeunes, ne bénéficient pas toujours des honneurs de la Nation et de sa reconnaissance. Pourtant, les médailles, certaines facilitations et ouvertures d’opportunités pourraient leur permettre d’améliorer leur situation financière du moins pour les plus célèbres dont le talent est incontestable. Toutefois, il serait injuste de tout mettre sur le dos de l’Etat même si nous n’avons jamais compris pourquoi les pirates de CD et de cassettes les revendent avec autant d’aisance et de facilité dans les rues de Dakar et ailleurs. Car, à ce niveau, une répression policière permanente aurait aidé à juguler un mal qui tue en fait la création artistique.
Néanmoins, certains artistes y sont pour quelque chose dans ce qui leur arrive. Le caractère trop informel des groupes et troupes de théâtre, la précarité des statuts, le manque de professionnalisme, de sponsors, sont autant d’obstacles à l’épanouissement des artistes. Les œuvres sont de plus en plus médiocres et les populations peu enclines à s’investir dans la protection des artistes. Ce sont elles en effet qui achètent les œuvres piratées, ce qui rend paresseux les créateurs et enrichit malheureusement des intermédiaires hors-la-loi. Au niveau du Bureau sénégalais des Droits d’Auteurs (Bsda), retards et absence de versement de redevances dues aux artistes de la part des radios, télévisions et autres, n’est pas pour encourager la création.
Il s’y ajoute qu’au Sénégal, l’industrie artistique, depuis que l’on en parle, a du mal à décoller. Une situation qui laisse les artistes dans une sorte de léthargie et d'anarchie assimilable à une jungle où les plus forts ont tendance à s’en prendre aux plus faibles.
La preuve, comme dans les partis politiques, les groupes, troupes et autres associations naissent et disparaissent tous les jours dans un milieu où l’égocentrisme et l’individualisme sont de mise. Aujourd’hui, des artistes qui ont compris ces difficultés sont en train de mettre en place des associations et autres structures corporatistes. Un élan que l’Etat doit accompagner pour un bon assainissement du secteur.


Article de Nago Seck parue le 4 mai 2008, dans "afrisson.com"
Née en 1942 à Saint-Louis (Sénégal), Aminata Fall est prise très jeune par le virus du jazz et du blues. En vendant, enfant, des cacahuètes devant le cinéma Vox du quartier Sindoné, elle est saisie par les voix des chanteuses américaines, Mahalia Jackson et Billie Holiday, qui s’échappent de la salle.

Le Star Jazz de Saint-Louis
star-jazz-de-saint-louis
En 1958, elle débute au Star Jazz de Saint-Louis de feu Papa Samba Diop alias "Mba" qui anime Le Cocotier, un club très en vogue à l’époque. Soutenue par une rythmique mbalax / afro-jazz / afro cubain, Aminata Fall s’illustre par sa voix de contralto ou de mezzo-soprano et ses improvisations détonantes. Elle connaît aussitôt le succès avec Yaye boye, un lamento dédié à sa maman et qui sera repris par bon nombre d’artistes sénégambiens. La sortie de "Mbeuguel" (chanson d’amour) révèle une parfaite maîtrise des negro spirituals, du blues et du jazz. Ces interprétations lui valent bientôt le surnom de "Mahalia Jackson Sénégalaise".
La diva comédienne
Elle restera au Star Jazz de Saint-Louis jusqu’à son départ, en 1966, pour I’ensemble lyrique traditionnel du théâtre national Daniel Sorano de Dakar où elle exercera 20 ans durant, enchantant le public avec des titres comme Taw ba Ngui nieuw (une prière à la pluie), Gane Dou Deuk (sur l’esclavage) ou Sandeye Ndongo (sur les mauvais traitements des disciples par les marabouts) gravés en 1995 par Africa Fête de Mamadou Konté.
Parallèlement à la chanson, le cinéma et le théâtre lui font les yeux doux pour sa voix ample et magique mais aussi comme comédienne. En 1974, elle incarne Magoné N’Diaye dans "Touki bouki" du défunt Djibril Diop Mambety. En 1995, elle joue dans "La vie a de longues jambes", une pièce de la styliste sénégalaise Oumou Sy, mise en scène par le Français Jean-Michel Bruyère. En 1998, le réalisateur Moussa Sène Absa lui consacre un documentaire, "Blues pour une diva". Elle participe ensuite au Festival de Jazz de Saint-Louis après une opération chirurgicale en France, rendue possible grâce au concours financier des artistes sénégalais.
La diva du blues n’est plus.
Le 24 novembre 2002, cette cantatrice analphabète qui transcrivait ses chansons en dessins meurt dans sa maison à Saint-Louis, suite à une longue paralysie la condamnant à une amputation d’une jambe et à la chaise roulante. Elle avait 60 ans.


Dans le N° 56 du mois de mai 2012, "La Gazette de Saint-Louis", dans son article Histoire & patrimoine évoque son souvenir.

56 du mois de mai 2012, La Gazette de Saint-LouisLa Gazette de Saint-Louis N° 56 clic...



Article parue le 22 juillet 2012. "Souvenir: Aminiata Fall de Guet Ndar: Un porte flambeau du Jazz sénégalais" sur le site de "ndarinfo.com".
Aminata Fall
Souvenir: Aminita Fall de Guet Ndar: Un porte flambeau du Jazz sénégalais
La mort nous a arrachés, dans la nuit du dimanche 24 novembre 2002, la célèbre diva de la musique sénégalaise, Aminata Fall. Elle s'est éteinte dans sa maison familiale du quartier de Gokhou Mbathie dans la Langue de Barbarie, à Saint-Louis, sa ville natale.
Après une longue maladie qui l'avait paralysée, avec une jambe amputée, cette musicienne qui a dominé de son talent cette période de grande émulation créatrice que connut l'ancienne capitale du Sénégal, entre 1950 et 1970, a rendu son dernier souffle après la rupture du jeun en ce mois de Ramadan.
Rien ne présageait sa mort en cette journée de dimanche calme. Elle vivait entre le fleuve et la mer qu'elle chérissait tant et qui bordait son quartier natal de Guet-Ndar qu'elle a chanté dans plusieurs de ses compositions de sa voix chaude et captivante.
On raconte qu'Aminata Fall vendait des arachides devant le cinéma Vox à Sindonné, dans l'île de Saint-Louis.
En écoutant les voix des chanteuses américaines (comme Mahalia Jackson) qui s'échappaient de la salle de cinéma, elle a été piquée par le virus de la chanson, du jazz et du blues.
La diva est connue et respectée dans tous les milieux artistiques sénégalais. Ses performances vocales accompagnaient déjà feu Papa Samba Diop dit Mba, une des figures emblématiques du jazz saint-louisien, lors des soirées inoubliables du premier dancing de la ville, " Le Cocotier ".
C'est cette grande chanteuse qui a quitté ce bas monde après une longue maladie qui l'avait clouée sur un fauteuil roulant offert par les Frères Guissé. En 1997, elle avait subi une opération en France grâce au concours des artistes sénégalais qui avaient organisé pour elle un concert de solidarité le 21 avril de la même année au Centre culturel français de Dakar.
Vivant dans des conditions difficiles, Aminata Fall avait plusieurs fois sollicité l'aide des autorités, notamment celle du chef de l'Etat Me Abdoulaye Wade, mais rien n'a été fait jusqu'à sa mort.
Pour Ahmadou Cissé du Syndicat du Tourisme et membre de l'Association Saint-Louis Jazz, c'est une grande perte pour la musique africaine et sénégalaise. " Elle avait participé au festival de jazz de Saint-Louis, en 1994 et en 1998, et c'est regrettable qu'elle ait traversé des périodes difficiles à la fin de sa carrière ", se désole M. Cissé. La mort d'Aminata Fall a plongé la vieille cité de Ndar Nguedj, notamment le quartier des pêcheurs de Guet-Ndar, dans la consternation. Hier, lundi, à la levée du corps à la grande mosquée du quartier Guet-Ndar, devant une petite foule de parents, de voisins et d'amis, aucune autorité locale, aucun artiste ou musicien n'était sur place pour lui rendre hommage et la conduire à sa dernière demeure du cimetière de Thiaka Ndiaye.


Le 27 novembre 2013, "In Memoriam Aminata Fall" de Papa Ameth Diallo pour "ndarinfo.com".


Le 8 mars 2014 à 21H00, dans le cadre de la journée de la femme, un hommage à Aminata Fall est rendu, par la projection à l' Institut français Léopold Sédar Senghor, du film documentaire " Blues pour une Diva " de Moussa Sène Absa, qui sera présent. Cette soirée hommage autour d' Aminata Fall réunira Ken Bugul qui l' évoque dans son livre "Rue Félix Faure", Nicole Vautier qui en lira quelques passages et le compositeur-interprète Claude Gomez qui a accompagné la chanteuse lors de se dernière tournée française.
Projection du film "Blues pour une diva" de Moussa Sène Absa (1999, Documentaire, Sénégal)
Née à Saint-Louis, Aminata Fall est bercée dès l’enfance par les musiques d’Ella Fitzgerald et de Mahalia Jackson qui passent à la radio. Elle devient quelques années plus tard chanteuse et comédienne, vedette dans son pays, enchantant son public sur des airs de blues et de gospel. Le négro spiritual a trouvé sa représentante. Les cabarets de la ville et les théâtres accueillent avec ferveur cette nouvelle diva dont la voix se compare à celle des grands ténors ; c’est la consécration. Ce documentaire retrace la vie d’Aminata Fall, femme rebelle et singulière.


La programmation "off" du 22 ème Festival de jazz de Saint-Louis, du 4 au 9 juin 2014, consacre une rétrospective hommage à Aminata Fall. L'invité d' honneur est Richard Bohringer. Concert Pape et Cheik Fata lesoleil.sn du 21 mai 2014.

Projection à l' Institut français Léopold Sédar Senghor, du film documentaire " Blues pour une Diva " de Moussa Sène Absa, qui sera présent. ndarinfo.com du 7 juin 2014.


Projection de Film “BLUES D’UNE DIVA”: Un hommage mérité à Aminata Fall
Samedi 7 Juin 2014 - 08:02
Aminata Fall
Projection de Film “BLUES D’UNE DIVA”: Un hommage mérité à Aminata Fall Il est prévu tout au long de la 22e édition du festival de jazz de Saint-Louis qui se tient du 4 au 9 juin de rendre hommage à feu la cantatrice Aminata Fall. Ainsi, le centre culturel français de Saint-Louis a proposé au public qui s’est déplacé de découvrir un film de Moussa Sène Absa sur l’ancienne pensionnaire de Sorano, en présence du réalisateur. “Blues d’une diva” est le titre du film documentaire de 52 minutes réalisé à cet effet en 1998 et sorti en 1999.
Une pellicule émouvante qui nous présente une Aminata Fall certes gagnée par la maladie mais très coquette, pleine de vie et taquine. On la découvre en famille avec ses petitsfils dans son Saint-Louis natal.
Née en 1930 dans la première capitale sénégalaise, Aminata Fall est une artiste aux talents multiples. “Elle est venue au théâtre et y est restée. On avait trouvé chez elle tout ce qu’on cherchait. Elle dansait, chantait et faisait du théâtre”, a témoigné Isseu Niang. Cette dernière s’est présentée dans le film comme une amie de la chanteuse. D’ailleurs on les a vues ensemble sur la scène de Sorano interpréter une des chansons de la première jazzwoman du Sénégal.
L’auteur de “Kan Fore”, sa plus célèbre chanson, a commencé à tester sa voix très jeune. Alors qu’elle vendait des cacahuètes pour le compte de sa maman devant une salle de cinéma, elle s’est familiarisée avec les chansons de Mahalia Jackson ou encore Tino Rossi qu’on passait souvent au cinéma.
"J’ai commencé à mimer et j'ai tenté de chanter ces titres venus d’ailleurs et que j’aimais beaucoup”, a fait savoir l’intéressée dans le film. Développant une passion pour la chanson, la danse et le théâtre, et dotée d’une voix belle et particulière, elle intègre un groupe de musique local dénommé “Mba”.
Le théâtre Sorano l’accueille après. La retraite l’oblige à quitter par la suite le théâtre national pour s’établir à son propre compte. Elle a mis sur le marché une production. “Aminata Fall n’a pas été assez aidée. Elle devait avoir plus d’un album sur le marché mais elle n’a pas été soutenue”, a déploré dans le film Isseu Niang.
“Garmi”, comme l’appelaient ses plus proches, a été rappelée à Dieu le 24 novembre 2002 et c’est le festival de jazz de Saint-Louis qui lui rend hommage. Par devoir !


Le 24 novembre 2015,"Décès d’Aminata Fall : un 13e anniversaire pas à la hauteur de l’envergure de l’artiste." article de Abdou Kogné SALL sur le site d' "ndarinfo.com".
Aminata Fall
Décès d’Aminata Fall : un 13e anniversaire pas à la hauteur de l’envergure de l’artiste.
Mardi 24 Novembre 2015
Décès d’Aminata Fall : un 13e anniversaire pas à la hauteur de l’envergure de l’artiste. Sous la houlette de Mamadou Konte d’Africa Fête, elle sort en 1998 son unique cassette dans laquelle figure le tube Kan Fore qui confirma son talent et la fit découvrir aux plus jeunes. "Quand je chante, tout le monde applaudit. Le public adore ce que je fais", expliquera-t-elle.
Parallèlement, Aminata Fall mène une carrière de comédienne. Elle joue un rôle dans le film Touki bouki (voyage de la hyène) de Djibril Diop Mambety, un film primé au Festival international du film de Moscou en 1973 (Prix international de la critique). Elle fait ensuite une petite apparition dans le film Hyenes du même réalisateur.
Treize ans après le décès de la chanteuse et comédienne sénégalaise Aminata Fall, la vie et l’œuvre de la reine du jazz et du blues sénégalais ne semblent toujours pas célébrées à leur juste valeur, au regard de la quasi indifférence entourant l’anniversaire de sa mort.
L’artiste s’était éteinte dans la nuit du 24 novembre 2002, à l’âge de 72 ans, dans sa ville natale de Saint-Louis (nord).
Treize ans après, c’est à croire que la vie et l’œuvre d’Aminata Fall n’intéressaient pas grand monde. A commencer par sa ville natale. Aucune manifestation ou cérémonie d’hommage n’est en effet prévue mardi à Saint-Louis pour commémorer sa disparition.
Ce détachement, qui sonne comme une trahison, ne tranche que trop avec l’immense talent de la chanteuse et sa grande contribution au rayonnement de la culture locale et nationale.
La fille de Garmy Ndiaye et de Saloum Fall s’initie en effet très tôt à la musique. Enfant, elle vendait des cacahuètes devant le lycée Faidherbe de Saint-Louis et occasionnellement au cinéma.
"J’ai pu voir des films avec d’excellents chanteurs comme Louis Armstrong, Aretha Franklin, Tino Rossi", témoignera plus tard celle qui sera surnommée la Mahalia Jackson sénégalaise en raison certainement de sa voix rocailleuse de blueswoman.
EN 1958, elle intègre un groupe local, la Star Jazz de Saint-Louis et s’illustre par sa parfaite maîtrise du blues et du jazz huit années durant. Elle s’y fait remarquer au point d’être invitée par le président Senghor pour prendre part au premier Festival mondial des arts nègres (Fesman), organisé en 1966 à Dakar.
Garmy participe également au Festival panafricain d’Alger aux côtés de grands noms de la musique noire : Myriam Makeba, Barry White, Manu Dubango, Nina Simone, entre autres. Entre temps, elle intègre l’ensemble lyrique traditionnel du Théâtre national Daniel Sorano et participe pendant une vingtaine d’années aux nombreuses tournées du groupe.
Toutefois, l’immensité de son talent ne s’est pas traduite en termes de disques ou d’albums. Néanmoins, elle figure en 1992 dans le premier album produit par l’Institut français Léopold Sedar Senghor de Dakar. Une production musicale consacrée au mbalax, au rap et au jazz. A l’image de grands artistes sénégalais, cette riche carrière n’a pas pour autant assuré à la reine du jazz sénégalais une vie à l’abri du besoin. Les derniers moments de sa vie ont été rythmés par une maladie qui l’a d’ailleurs contrainte à se déplacer en fauteuil roulant.
Un concert de solidarité avait dû être organisé pour financer son évacuation afin de subir une opération. Et plus tard son internement dans un grand hôpital de Dakar.
Malgré tout, Garmy a continué à vivre sa passion. Elle participe avec brio au Festival international de jazz de Saint-Louis en 1998. Un festival dont elle a contribué à la renommée et qui le lui a rendu à travers plusieurs hommages.
L’Institut français Léopold Sedar Senghor lui a également rendu hommage. La maladie finit par la fragiliser et eut raison d’elle dans la nuit du 23 au 24 novembre 2002. Elle est inhumée dès le lendemain par les siens. On raconte qu’aucune autorité administrative ou municipale ni aucun artiste de renom n’y a pris part.
Trahison suprême à l’immensité du talent de Garmy. Il n’est certainement pas surprenant que rien ne soit prévu pour le treizième anniversaire de sa mort.
Abdou Kogne SALL


Le 24 novembre 2015,"Décès d’Aminata Fall : un 13e anniversaire à la hauteur de la dimension de l’artiste." article sur le site de "setal.net".
Aminata Fall
Treize ans après le décès de la chanteuse et comédienne sénégalaise Aminata Fall, la vie et l’œuvre de la reine du jazz et du blues sénégalais ne semblent toujours pas célébrées à leur juste valeur, au regard de la quasi indifférence entourant l’anniversaire de sa mort.
L’artiste s’était éteinte dans la nuit du 24 novembre 2002, à l’âge de 72 ans, dans sa ville natale de Saint-Louis (nord). Treize ans après, c’est à croire que la vie et l’œuvre d’Aminata Fall n’intéressaient pas grand monde. À commencer par sa ville natale. Aucune manifestation ou cérémonie d’hommage n’est en effet prévue mardi à Saint-Louis pour commémorer sa disparition. Ce détachement, qui sonne comme une trahison, ne tranche que trop avec l’immense talent de la chanteuse et sa grande contribution au rayonnement de la culture locale et nationale. La fille de Garmy Ndiaye et de Saloum Fall s’initie en effet très top à la musique.
Enfant, elle vendait des cacahuètes devant le lycée Faidherbe de Saint-Louis et occasionnellement au cinéma. "J’ai pu voir des films avec d’excellents chanteurs comme Louis Armstrong, Aretha Franklin, Tino Rossi", témoignera plus tard celle qui sera surnommée la Mahalia Jackson sénégalaise en raison certainement de sa voix rocailleuse de blueswoman.
En 1958, elle intègre un groupe local, la Star Jazz de Saint-Louis et s’illustre par sa parfaite maîtrise du blues et du jazz huit années durant. Elle s’y fait remarquer au point d’être invitée par le président Senghor pour prendre part au premier Festival mondial des arts nègres (Fesman), organisé en 1966 à Dakar.
Garmy participe également au Festival panafricain d’Alger aux côtés de grands noms de la musique noire : Myriam Makeba, Barry White, Manu Dubango, Nina Simone, entre autres. Entre temps, elle intègre l’ensemble lyrique traditionnel du Théâtre national Daniel Sorano et participe pendant une vingtaine d’années aux nombreuses tournées du groupe.
Toutefois, l’immensité de son talent ne s’est pas traduite en termes de disques ou d’albums. Néanmoins, elle figure en 1992 dans le premier album produit par l’Institut français Léopold Sedar Senghor de Dakar. Une production musicale consacrée au mbalax, au rap et au jazz. Sous la houlette de Mamadou Konte d’Africa Fête, elle sort en 1998 son unique cassette dans laquelle figure le tube Kan Fore qui confirma son talent et la fit découvrir aux plus jeunes. "Quand je chante, tout le monde applaudit. Le public adore ce que je fais", expliquera-t-elle.
Parallèlement, Aminata Fall mène une carrière de comédienne. Elle joue un rôle dans le film Touki bouki (voyage de la hyène) de Djibril Diop Mambety, un film primé au Festival international du film de Moscou en 1973 (Prix international de la critique). Elle fait ensuite une petite apparition dans le film Hyenes du même réalisateur.
A l’image de grands artistes sénégalais, cette riche carrière n’a pas pour autant assuré à la reine du jazz sénégalais une vie à l’abri du besoin. Les derniers moments de sa vie ont été rythmés par une maladie qui l’a d’ailleurs contrainte à se déplacer en fauteuil roulant. Un concert de solidarité avait dû être organisé pour financer son évacuation afin de subir une opération. Et plus tard son internement dans un grand hôpital de Dakar. Malgré tout, Garmy a continué à vivre sa passion. Elle participe avec brio au Festival international de jazz de Saint-Louis en 1998. Un festival dont elle a contribué à la renommée et qui le lui a rendu à travers plusieurs hommages. L’Institut français Léopold Sedar Senghor lui a également rendu hommage.
La maladie finit par la fragiliser et eut raison d’elle dans la nuit du 23 au 24 novembre 2002. Elle est inhumée dès le lendemain par les siens. On raconte qu’aucune autorité administrative ou municipale ni aucun artiste de renom n’y a pris part. Trahison suprême à l’immensité du talent de Garmy. Il n’est certainement pas surprenant que rien ne soit prévu pour le treizième anniversaire de sa mort.


Le 25 novembre 2015,"De la gloire à l' oubli." article sur le site de "enqueteplus.com".

Aminata Fall


AMINATA FALL- De la gloire à l’oubli.


Le 24 novembre 2002 nous quittait à jamais la cantatrice saint-louisienne Aminata Fall. Hier marquait la 13ème année de son rappel à Dieu. Mais aucune manifestation n’a été organisée en son honneur. Elle semble tombée peu à peu dans l’oubli total. C’est pourquoi EnQuête rafraichît les mémoires en rappelant le riche parcours de la chanteuse.
Avec Diabou Seck, Aminata Fall, née le 29 janvier 1930 dans la première capitale sénégalaise, était l’une des plus grandes voix de la chanson à Saint-Louis. Bien des générations ont entonné "Kan Fore dioudioum ya sa Sine, Aïda yayou Mbaye’’, imitant la voix grave et belle de la cantatrice saint-louisienne. Une chanson qu’elle a interprétée avec l’ensemble lyrique traditionnel du Théâtre national Daniel Sorano. En effet, comme Diabou Seck la Saint-Louisienne, Aminata Fall était aussi pensionnaire de Sorano. Elle l’a intégré après avoir passé 8 ans au Star jazz de Saint-Louis dont le lead vocal était Papa Samba Diop dit Mba. Avec ce groupe, elle composera deux chansons dont une en l’honneur de sa mère et intitulée "Yaye boye".
"Elle est venue au théâtre et y est restée. On avait trouvé chez elle tout ce qu’on cherchait. Elle dansait, chantait et faisait du théâtre", se rappelle d’ailleurs la comédienne Isseu Niang dans le film documentaire que Moussa Sène Absa a consacré à Aminata Fall. Ainsi, celle que ses proches appelaient affectueusement Garmi était une artiste complète. Elle a tenu divers rôles au cinéma. Elle a joué en premier dans le long métrage de Djibril Diop Mambéty "Touki bouki". Les cinéphiles l’ont découverte avec sa voix grave dans le rôle de Magoné Ndiaye. C’était en 1973. Elle enchaînera après les rôles notamment dans les productions de Mambéty.
Artiste aux talents multiples, Aminata Fall ne se fixait pas de limites dans son art. Elle est la première jazzwoman sénégalaise. Elle n’a pas eu peur d’explorer des genres musicaux différents de la musique traditionnelle ou encore de la salsa qui avaient le vent en poupe à l’époque. Ainsi, elle a osé s’essayer au jazz. Non pas seulement parce qu’elle se sentait capable de le faire mais aussi et surtout à cause des influences musicales qu’elle a reçues. Enfant, Aminata Fall vendait des cacahuètes devant l’une des salles de cinéma de Saint-Louis. Elle entendait alors souvent des chaînes stéréo s’échapper des notes de chanson de Mahalia Jackson ou encore Tino Rossi. "J’ai commencé à mimer et j’ai tenté de chanter ces titres venus d’ailleurs et que j’aimais beaucoup", informe-t-elle dans le film qui lui est consacré.
Des influences qui se ressentent jusque dans sa manière de chanter. Car beaucoup de journalistes jadis l’avaient surnommé Mahalia Jackson. Et jusqu’à sa mort, le 24 novembre 2002, on l’appelait ainsi. Ces qualités de chanteuse hors pair n’ont pas seulement étaient loués ici. Aux USA, lors de ses tournées internationales, Garmi étonnaient toujours les Américains qui ne croyaient pas qu’une Sénégalaise puisse ainsi chanter. Elle a aussi eu à éblouir le public de la première édition du festival des arts nègres initiée par Léopold Sédar Senghor. Ce fut pareil au festival de jazz de 1994 ainsi que celui de 1998. C’est pour cela d’ailleurs qu’en 2013, le comité d’organisation de cette rencontre annuelle du jazz a tenu à lui rendre hommage.
Retraitée de Sorano dans les années 1990, Aminata Fall continue quand même à chanter et s’établit à son propre compte. Elle sortira un seul et unique album. Ce que certains trouvent aberrant pour une artiste de sa dimension. ‘’Aminata Fall n’a pas été assez aidée. Elle devait avoir plus d’un album sur le marché mais elle n’a pas été soutenue’’, s’est désolée Isseu Niang dans ‘’blues d’une diva’’. De plus, dans le film de Moussa Sène Absa, l’on découvre une Aminata Fall qui avait perdu de sa superbe car gagnée par la maladie. Elle restait, malgré les difficultés qu’elle rencontrait, taquine, coquette et surtout pleine de vie. Partie à jamais il y a 13 ans, elle semble tombée dans l’oubli. Hier marquait la 13ème année de son rappel à Dieu. Mais aucune manifestation n’a été organisée en son honneur.


Le 27 novembre 2015,"Trois questions à Moussa Sène Absa (cinéaste) « On n’a pas rendu à Aminata Fall la monnaie de sa pièce » article sur le site de "revmi.com".
Trois questions à Moussa Sène Absa (cinéaste) « On n’a pas rendu à Aminata Fall la monnaie de sa pièce »
Cela fait 13 ans que la cantatrice Aminata Fall est partie à jamais. Que pouvez-vous nous dire sur elle ?
Aminata Garmi Fall était une grande dame. Elle a commencé dans les années 40. Elle a grandi à Saint-Louis. C’est après qu’elle est venue s’installer à Dakar. Par la suite, elle s’est mariée, elle a eu des enfants. Elle a débuté sa carrière au Théâtre national. C’était une femme bourrée de talent. Elle savait chanter et danser et jouer de la comédie. Aminata a marqué le théâtre Sorano. À un moment donné, elle a été au festival mondial des arts nègres. À Saint-Louis, elle travaillait dans le groupe « Mbaa » parce qu’elle avait déjà une fibre musicale.
L’artiste avait cette manie de reprendre toutes les chansons qu’elle entendait. Elle avait un don de répétition. Parler d’Aminata Fall, c’est parler de ce Sénégal-là et de ses grands moments de création. Elle a apporté de belles choses à la musique sénégalaise même si elle n’avait pas beaucoup de produits. Elle n’a fait qu’un seul disque « Kan Fore » mais beaucoup de musiciens se sont inspirés d’elle. Elle chantait dans le style du jazz et du blues. Personnellement, je pense que c’est une grande perte et on ne lui a pas rendu la monnaie de sa pièce parce qu’elle méritait que quelque chose porte son nom dans sa ville natale de Saint-Louis. Au moins, qu’il y ait une chose qui nous rappelle son passage sur cette terre.
Donc, vous avez des regrets pour elle?
Je pense qu’elle mérite plus que des hommages. Mais le Sénégal a la mémoire courte. Il y a des gens comme Djibril (ndlr Djibril Diop Mambety), Ousmane Sembène qui ont quitté cette terre en y laissant de beaux calques et qu’à leur mort, jusqu’à présent, rien n’a été fait en ce qui concerne leur mémoire. Donc, ce qui se passe là avec Aminata n’est pas quelque chose de nouveau je peux dire. Tout le monde parle de lui rendre hommage en tant que mère mais pour moi, elle n’était pas une mère, c’était une amie. Je pense que tous les Sénégalais devraient, de temps en temps, penser à elle. Et la meilleure façon de penser à quelqu’un, c’est de donner son nom à un lieu, un espace, une rue…afin de l’immortaliser.
Qu’est-ce qui explique, selon vous, le fait que le Sénégal ne soit presque jamais reconnaissant envers ses ambassadeurs de la culture ?
Je pense que la chose la plus évidente dans ce domaine, c’est que les Sénégalais consomment ce qu’on leur vend, c’est-à-dire de la musique insipide, de la danse vulgaire, de la lutte. Tout le monde fait la même chose mais on ne s’en rend pas compte. Ce qui est vraiment triste. Il faut avoir des références mais le Sénégalais n’en a pas. Ce qui est grave. Les références des artistes d’aujourd’hui, si on les cherche vraiment, on ne les trouvera pas malheureusement. On ne nous parle pas de ces anticonformistes qui font avancer la société.


Le 27 mars 2016, nouveau clip de Ibnou NDIAYE rendant hommage à Diabou SECK " la Saint-Louisienne" et Aminata FALL. Voir article sur le site de "ndarinfo.com".
Ibnou écrit des mots, des textes en wolof qui parlent des femmes, des hommes, des enfants, de la vie, des envies, des rêves, des sentiments. Ses chansons sont conçues comme des contes, des photographies, des tableaux, elles peuvent relater un moment très bref ou a l’inverse une vie entière.
Ibnou fait de la musique depuis tout petit, il a partagé la scéne du Festival de Jazz de Saint-Louis avec Mino Cinelu, il a eu des expériences enrichissantes avec le Ndiol'Or Folk de Saint-Louis, Carmen Falinga Awa (comédie musicale africaine avec plus de 45 artistes ouest africains), Joko et JataaY (Toulouse) et Diet Y Ba (Paris).
Ibnou vit à Toulouse et tourne actuellement avec Kaland-Ô (Afro-Fusion) et Noubi (acoustique).
Du chant, guitare, calebasse, cajon, des concerts, des jams... "de belles aventures...; ces expériences m'ont permis de mieux savoir quel artiste je voulais être et ce que je voulais dire. J'aimerais cultiver en moi la liberté de faire de la musique comme je le ressens, pour présenter un album sincère, pour le public, avec le public", dit-il.
Ibnou aime la scène, tendre un fil imaginaire avec les gens, une connexion pour chanter des histoires, les traduires et les exprimer avec le public.


Le 29 avril 2016 article de Ibrahima Wane paru dans musicinafrica.com
Les femmes dans la musique sénégalaise
Les voix des femmes ont longtemps dominé les mélopées des troupes folkloriques animant les veillées culturelles et autres manifestations festives. Leurs chants fusaient aussi quelquefois dans des pièces de théâtre à l’époque coloniale. Mais les talents féminins n’accèderont à la scène dite professionnelle qu’à la faveur des indépendances.
L’un des symboles de cette ascension est Aminata Fall, native de la ville de Saint-Louis où elle fait son baptême du feu au sein du Star Jazz, l’un des groupes les plus prestigieux de l’époque qui représente le Sénégal au 8eme Festival mondial de la Jeunesse et des étudiants à Helsinki (Finlande) en 1962. Elle force l’attention des mélomanes en déroulant un répertoire dans lequel cohabitent des reprises de célèbres titres comme Great Gettin’Up In The Morning de la chanteuse de gospel américaine Mahalia Jackson et des compositions originales en wolof.
Elle élargit son auditoire en arrivant à Dakar et en intégrant le Théâtre National Daniel Sorano où, en artiste polyvalente, elle se produit aussi bien avec la troupe nationale dramatique qu’avec l’Ensemble instrumental, aux côtés d’autres figures emblématique de la chanson sénégalaise dont Fambaye Issa Diop et Khar Mbaye Madiaga. Aminata Fall impressionne surtout le public par l’éclectisme dont elle fait montre au cours de jam sessions avec les stars du jazz, du blues ou du rock qui passent à Dakar comme Sybil Thomas, Clifford Jordan et Roy Haynes.


Festival de jazz de Saint-Louis 2017, l' Association Saint-Louis Jazz met Aminata Fall à l' honneur, en fixant son portrait géant au Pont Faidherbe.
Sait-Louis Jazz 2017 - Portrait géant d' Aminata Fall fixé au pont Faidherbe




Le 29 avril 2019, article parue sur le site APS (Agence de presse sénégalaise)aps.sn
Saint-Louis : Tex, un jeune artiste de Guet Ndar sur la scène du Festival de jazz
L’artiste musicien Tex, de son vrai nom Faly Guèye, originaire de de Guet Ndar, est monté dimanche sur la scène du festival de Jazz de Saint-Louis.
Il devient ainsi, vingt-cinq ans après la figure emblématique du jazz saint-louisien, Aminata Fall, rappelée à Dieu en 2002, le deuxième artiste originaire du quartier historique de Guet Ndar, à monter sur la scène mythique du festival de Jazz de Saint-Louis.
Native du quartier de Guet Ndar, cette diva de la musique sénégalaise reconnaissable par sa voix grave de contralto, a participé au festival jazz de Saint-Louis, pour la première fois en 1994 puis en 1998.
Un quart de siècle plus tard, c’est au tour du jeune artiste de trente-cinq ans, Tex, lui aussi originaire du vieux quartier de pêcheurs, de monter sur scène avec sa guitare, accompagné par les chevronnés musiciens de l’orchestre national de jazz.
’’Etant habitué à jouer sur scène, j’ai considéré celle-ci comme les autres. Et c’est ce qui m’a permis de me l’approprier pour être ainsi en communion avec le public’’, a-t-il fait savoir lors d’un entretien.
Qualifiant son style musical de afro folk-acoustique, Tex dit avoir l’ambition de se hisser au même niveau que ses idoles que sont Youssou Ndour, Baaba Maal, Diogal Sakho et Lucky Dube.
Lire la suite


Le 30 avril 2019, article parue sur le site lequotidien.sn
Saint-Louis jazz 2019
Oumy Régina Sambou, journaliste, analyse la présence féminine dans la musique: " Avant un chef d' oeuvre il faut un brouillon, les hommes sont le brouillon". À Saint-Louis, des femmes ont montré la voie : Diabou Seck, Aminata Fall (première femme jazz woman du Sénégal) ont été de grandes chanteuses de jazz».
«Avant un chef d’œuvre il faut un brouillon, les hommes sont le brouillon !» Un chouan provocatrice, la journaliste culturelle Oumy Regina Sambou vient trancher le débat sur la place de la femme dans la musique en général et le jazz en particulier. Elle intervenait à la Rts Saint-Louis sur le thème de la 27ème édition du Festival international de Jazz, une émission offerte par la Bicis et la fondation Bnp Paris bas. L’ancienne présentatrice de l’émission «Culture en fête» sur la radio privée dakaroise Sud fm estime qu’analyser, devant un micro, la prouesse de la gent féminine n’apporte rien à la cause. «Il faut qu’on arrête d’en parler et poser des actes», a-t-elle dit. Sur la même lancée, Bigué Bob, la responsable Culture du journal Enquête, propose un début de solution : «Il faut d’abord donner à la femme la chance de montrer ses talents.» Le seul fait de les cataloguer aux métiers de violoniste ou de pianiste est assez symbolique de la mentalité misogyne, indique Bigué Bob. «Les femmes sont capables de faire autre chose, il faut qu’on les considère, elles valent mieux que là où on veut les confiner. Les femmes peuvent faire plus : il n’y a pas mieux que les femmes pour transmettre des émotions», a-t-elle plaidé. Pour Alassane Cissé, directeur de publication du journal Patrimoine, «nous avons connu des féodalités religieuses et traditionnelles. Qui ne voyaient pas la percée féminine, même si elles ont joué un grand rôle dans l’histoire. A Saint-Louis, des femmes ont montré la voie : Diabou Seck, Aminata Fall (première femme jazz woman du Sénégal) ont été de grandes chanteuses de jazz». Pour autant, Mansour Sow, ancien de la Rts, pense que le thème de cette édition n’obéit qu’à une logique mercantile, rien de plus. «On a la manie de créer des trucs dédiés aux femmes. Le fait de leur dédier le 8 mars est un début d’injustice. Donc, les 26 autres éditions ont été consacrées aux hommes ? Non, c’est juste du marketing, il faut vendre Saint-Louis jazz. Le festival est en train de se transformer en une grosse machine alors c’est bien pour la culture», a-t-il répondu. Plus mesuré, Aboubacar Cissokho, journaliste indépendant, se positionne en défenseur de la cause féminine. «Dire femme et jazz, c’est reconnaître qu’on ne les considère pas comme artistes. Les femmes sont dans la musique et je ne vais pas insister sur ça», a-t-il dit.