Histoire des Damels du Cayor 1800-1849.


En 1809, à la mort du Damel-Teigne Amary Ngoné Ndella Coumba, qui souhaitait que son fils Tié-Yacine lui succède, Biraïma Fatma Dioub (Fall-Tié-Ndella de Sant, 8ème Gueidj de Khêt) revint dans le Cayor avec ses forces et se fit nommer 23ème Damel du Cayor
Thié Yasin alla dans le Baol où il fut reconnu comme Teigne.
Dés son introduction comme Damel du Cayor, Biraïma Fatma Dioub nourrit le rêve de réunir les deux titres Damel Teigne pour asseoir son autorité et sa puissance sur les deux royaumes. Il déclara alors la guerre au Teigne Thié Yasin contre l'avis des notables du Cayor car son cousin disposait en effet d'une armée très forte et les notables jugeaient cette guerre contreproductive. La première bataille a eu lieu à Khasarna entre les localités de Thieppe et Bambey. Ce fut un échec pour le Damel. Les Ayor trahirent le Damel Biraïma Fatma Dioub, qui fut vaincu. Son armée est mise en déroute et sa tentative de réunification échoue.

Le Brak du Waalo, Yerim-Mbagnik, chez lequel s’était réfugié le Prince Dorobé Makhouredja Mbenda, crut pouvoir, comme auparavant intervenir dans les affaires du Cayor et lui donner comme Damel un homme de son choix. Il réunit donc son armée à Ndiangué et attendit le moment propice pour agir. Le Damel Biraïma Fatma Dioub, prévenu de ces préparatifs, avait rassemblé ses forces et attendait son ennemi à Débi-Diedj près de Mérinaghen; la guerre entre le Waalo et le Cayor était imminente, quand les deux partis finirent par s’entendre.

Sept ans après la bataille de Khasarna le Teigne Thié Yasin meurt. Il est remplacé par son fils Amary Dior. Ce dernier était moins expérimenté que son père. Le Damel Biraima Fatma Dioub sauta sur l'occasion pour engager une autre bataille contre le Baol.
le Damel-Teigne Biraïma Fatma Dioub se rendit dans le Baol, battit à Ndiardène, l’armée du Teigne Amay-Dior, le força à quitter le pays et se fit reconnaître Damel-Teigne du Cayor. Mais il perdit dans ce combat son frère Latsoukabé Fari Déguèn et regagna avec tristesse le Cayor. Biraima Fatma Dioub régna pendant vingt-trois ans. Il apporta les deux royaumes puissance et prospérité dans la justice et appliqua la loi du talion pour ses sujets. Il apporta les deux royaumes puissance et prospérité dans la justice et appliqua la loi du talion pour ses sujets.


Cartes Afrique de l' ouest vers 1690 (Source: Gallica - BNF) - Clic...



En 1826 les français durent livrer un combat pour empêcher les habitants de Gandiol de piller le brick “Toujours le même”. 75 hommes et 2 officiers du 18ème régiment d'Infanterie légère prirent part à cette opération de police; mais ils durent reculer et perdirent les 2 officiers et 31 hommes. Le sergent Vincent, qui en faisait partie, put rallier ses camarades, malgré les obstacles du terrain et du combat, et les embarquer sur des canots. La garnison de Saint-Louis était de 200 hommes. À la suite de cet échec, et sur la demande du Gouverneur le Baron Jacques-François ROGER, elle fut renforcée des troupe de la “Bretagne” et de la “Bayonnaise”.

En date du 16 décembre 1826, le Damel du Cayor, Biraima Fatma Tioub abandonnait par Traité son droit de bris sur les naufrages.

En 1832, à la mort de Biraima Fatma Tioub, son neveu Meïssa Teinde Dior (Fall-Tié-Yacine de Sant, 9ème Gueidj de Khêt) devint le 24ème Damel du Cayor. Pendant que Biraima Fatma Tioub était exilé dans le Saloum, il avait épousé une femme Guélouar nommée Codou-Coumba, de laquelle il avait eu un fils nommé Macodou Coumba Yandé. Celui-ci à la mort de son père, s'empara de vive force du Baol, chassa Amady-Dior qui voulait reprendre ses droits et se fit nommer Teigne.
Dès que Meïssa Teinde Dior eut été reconnu Damel, les Diam-Guedj, lui conseillèrent d'épouser sa tante Absa-Mbounoum, soeur de sa mère, en disant que les enfants issus de ce mariage deviendraient tout naturellement ses héritiers. Il suivit leurs conseils, et Absa lui a donné trois enfants: Amari-Ngoné, qui mourut à 19 ans sous le règne de son père, Ngoné-Latir et Debo qui devinrent toutes deux Linguères.
Macodou Coumba Yandé, trahi par Diaraf-Gamour, chef des Diambours du Baol, fut détrôné et vint demander asile au Damel, son cousin, qui lui donna en mariage Ngoné-Latir et la province de Mbédienne.
Macodou Coumba Yandé se conduisit si mal, qu'il fut chassé du Cayor; les Diam-Guedj lui arrachèrent sa femme, alors enceinte de Birama, et il fut obligé de se retirer dans le Djolof et de là dans le Saloun, pays de sa mère.
Au moment où Macodou Coumba Yandé avait été chassé du Baol, Meïssa Teinde Dior avait été nommé Damel-Teigne.
Suivant l'exemple de ses prédécesseurs, le Damel exila sa soeur, la Linguère Binta-Massamba et son fils Beur-Guel-Sakhéouer, qui furent accueillis par la reine Guimbotte du Waalo, qui les reçut près d'elle, dans sa capitale.

En 1848, Sakhérouer alla demander du secours au Roi des Trarza Mohamed-el-Habib, qui vint lui même avec une armée , jurant qu'il ferait son salam dans la case du Damel à Nguiguis. Meïssa Teinde Dior, voyant l'ennemi s'approcher, se retira non loin de Nguiguis à Gatt. Le roi des Trarza n'osa pas le poursuivre et reprit la route de son pays. Sakhérouer sachant que réduit à ses propres ressources il serait battu, suivit son allié. Meïssa Teinde Dior se mit alors à leur poursuite, et atteignit l'arrière-garde de l'armée Maure; il la détruisit et tua le Prince Bouî, frère du Roi, qui la commandait. Pendant que ces événements se passaient dans le Cayor, le Prince Malik-Cuomba-Diaring du Baol, entra dans ce pays et s'en fit nommer Teigne par les Diambours, mais il alla ensuite s'enfermer aussitôt à Pout, village Sérère situé dans les bois épineux réputés inabordables. Le Damel se mit aussitôt en campagne, assiégea Pout et le prit. Malik-Coumba et tous ses gens furent tués, et Maîssa reprit son titre de Damel-Teigne.

En 1849, sous le règne de Meïssa Teinde Dior, fut établie une coutume de 150 pièces de guinée pour le commerce des arachides qui commençait à prendre beaucoup d'importance. Les années suivantes, les traitants s' arrangèrent directement avec les autorités du Cayor.