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Histoire de Saint-Louis du Sénégal

Le 5 nivôse de l'an IX (26 décembre 1800), une division anglaise de 4 vaisseaux, placée sous les ordres du Commandant Hamilton, vint mouiller devant Saint-Louis. Une barque envoyée pour demander la reddition de Saint-Louis, fut détruite par les brisants. Dans la nuit du 13 au 14 nivôse de l'an IX (3 au 4 janvier 1801), 5 embarcations anglaises, chargées de troupes, réussissant à passer la barre de Saint-Louis sans éveiller l'attention, surprirent sur le fleuve un brick français armé de 12 canons monté par 53 hommes. Ce combat donne l'alarme au poste des Dunes, situé sur la Langue de Barbarie, occupé par 20 hommes de la compagnie noire, commandée par le capitaine marin Pèdre, qui ouvrirent le feu sur les canots. Les canons de gros calibres de la batterie coulèrent le brick que les anglais tentaient de faire sortir du fleuve ; et trois embarcations s'échouèrent ou furent brisées. Après cet échec, la division anglaise regagna son mouillage de l' île de Gorée, mais une corvette reparut bientôt devant la barre qu'elle bloqua pendant le reste de l'année.

Extrait carte Embouchure Sénégal en 1802 dressée par Poirson

Extrait carte Embouchure Sénégal en 1802 dressée par Poirson (Gallica-BNF).

En ventôse de l'an IX (février 1801), François Blanchot de Verly, fatigué rentre en France. Il est remplacé par Charbonnes, mais il reviendra le 9 octobre 1803 reprendre son poste suite à une insurrection des habitants, et plus particulièrement des marchands et traitants, mécontentés par l'Administration de son dernier successeur Louis-Henri-Pierre Laserre. Celui ci, selon ses rapports, aurait remit en état la défense de Saint-Louis, en réparant ses fortifications et le poste de Guet-N'Dar où il plaça 3 canons. Des batteries auraient été installées sur l'île aux anglais, sur l'île de Babaghé, sur l'une des dunes placées à l'entrée de la petite barre et sur le stationnaire mouillée à l'entrée du fleuve. La garnison se composait de 116 hommes.

Le 2 janvier 1802 Charbonnes est remplacé par Louis Henri Pierre Lasserre au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 4 février 1802, Louis Henri Pierre Lasserre signe un Traité d'alliance et de commerce avec l'Almany (roi) des Pouls (il s'agit peut-être d'Abdoul Kader Kane Almany du Fouta Toro de 1776 à 1807).
L'Almany des Pouls s'engage pour lui et ses successeurs, a laissé librement le passage à la flotte française qui se rend à Galam, et à détourner les caravanes qui vont en Gambie vers le poste du Podor, où les français vont rétablir le fort et les magasins. Les français renouvelle l'alliance avec les rois et princes de Gallam et se propose de rétablir le fort de Saint-Joseph.

Carte du Sénégal dressée par Poirson en 1802

Carte du Sénégal dressée par Poirson en 1802 Source Gallica - BNF Clic...


La coutume, que le gouvernement paye à l' Almany, sera à bord d'un des bâtiment de la flotte.
Arrivé à Saldé, l'officier français qui commandera la flotte, fera prévenir l'Almany des Peuls, afin qu'il prenne sa coutume et celle que devront payer chacun des autres bâtiments ou embarcations qui composent la flotte, et cela dans un délai de 6 jours, au delà desquelles le Gouvernement français le considerait comme une violation du traité et une déclaration de guerre.
En contrepartie le gouvernement français consent à payer annuellement à l'Almany et ses successeurs et princes une coutumes fixée ainsi:
À l'Almany des Pouls et chefs des musulmans ou à ses successeur; 1 coffre ferré avec un cadenas; 28 pièces de guinées; 1 1/2 aune de drap écarlate; 3 filière de Ioqis; 50 piastres gourdes; 500 pierres fines à fusil; 500 balles de plomb; 6 onces d'ambre jaune; 4 onces de corail; 8 fusils de traite et 64 livres de poudre à canon. Et en présent après la coutume: 2 fusils fin à 2 coups; 14 livres de poudre: une pièce de platille; 500 pierres à fusils; 500 balles de plomb; 1/4 d'aune écarlate; 8 mains de papier; 1 miroir; 1 tabatière pleine de girofle; 1 paire de ciseaux; 1 cadenas; 10 barres de verroteries contrebordée, faux corail blanc de neige ou autre verroteries fines.
À Camalingo, Prince de la contrée du Fouta; 1 coffre et 1 cadenas; 15 pièces de guinée; 3/4 d'aune écarlate; 400 balles en plomb; 1 fusil de traite; 200 pierres fines à fusil; 18 livres de poudre; 25 piastres gourdes.
À l'Alquier d' Almany; 1 coffres ferrés et 1 cadenas; 4 pièces de guinée; 150 pierres à fusil; 3/8 d'aune drap écarlate; 200 balles de plomb; 4 livres de poudre; 7 piastres gourdes.
À Soutié-Boubou, Prince; 3 fusils fins à un coup; 1 pièces de guinée; 50 pierres à fusil; 50 balles de plomb; 1 tabatière pleine de girofle; 1 miroir à cadre de bois; 1/8 d'aune drap écarlate; 1 pièce de platille simple; 12 livres de poudre à feu.
À Siré-Samba, Prince; 1 pièces de guinée, 1 fusil fin à un coup; 4 livres de poudre; 50 pierres à fusil; 50 balles en plomb.

Traité d'alliance et de commerce conclu le 4 février 1802 entre le Gouvernement français et le roi des Pouls

Traité d'alliance et de commerce conclu le 4 février 1802 entre le Gouvernement français et le roi des Pouls - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 1 page 478 – Gallica-BNF

En germinal de l'an X (mars 1802), une exploration du Bambouk fut effectuée par Picard. Il parcourut le Fouta-Toro et parvint jusqu'à Koliba, à 80 lieues de Podor, d'où il rembarqua pour Saint-Louis, suite au refus d' Abdoul Kader Kane, Almamy du Fouta de le laisser passer.

Le 25 mars 1802 la Paix d'Amiens, restitue l'île de Gorée à la France. François Blanchot de Verly missionné pour en reprendre possession, échoua devant le refus des anglais d'exécuter cette clause du traité. Le 27 octobre 1802 Louis Henri Pierre Lasserre est remplacé par François Blanchot de Verly, au poste de Gouverneur du Sénégal.

La garnison de Saint-Louis se composait de deux compagnies de la 46ème demi-brigade comptant 30 officiers de 100 hommes chacune, et de la Compagnie noire auxiliaire réduite à 2 officiers et 41 fusiliers. En absence de la flotte indispensable ; et avec ces forces, il ne pouvait être question d'attaquer Gorée.

Cette opération fut organisée par le conventionnel Victor Hughes, alors commissaires aux Antilles, qui sur les indications d'un nommé Renaud, l'un des corsaires français qui pendant la Révolution et l'Empire, tinrent souvent les anglais en échec, arma trois corsaires de Cayenne et s'entendit avec eux pour partager les risques.
Quatre goélettes, montées par 213 hommes portant 16 canons et quelques pierriers, partirent pour Saint-Louis, sous le commandement du lieutenant de vaisseau Nahé. Elles transportaient également, un détachement du Bataillon de la Guyane et des miliciens mulâtres. Prévenu entre temps, François Blanchot de Verly la renforça , à son arrivée sur la côte, d'un corsaire de La Rochelle, alors en rade, et d'une goélette de la colonie, montée par un détachement de 15 hommes de la 46ème demi brigade, prélevé sur la faible garnison de Saint-Louis.

Dans la nuit du 26 au 27 nivôse de l'an XI (16 au 17 janvier 1803), la flotille ainsi organisée, s'approcha de l' île de Gorée, et y débarqua 130 hommes.

Le colonel anglais Frazer, qui commandait la place, disposait de 115 soldats. Il avait armé les habitants, barricadé les rues et transformé les habitations en petites forteresses. Les assaillants progressèrent pied à pied sous le feu de 30 canons et de la mousquetterie pour atteindre le fort, où la colonne avec à sa tête la 46ème déboucha devant le fort qu'elle enleva d'assaut. La troupe anglaise perdis 39 hommes et sur les 130 français, 2 officiers furent tués et 48 hommes tués ou blessés. François Blanchot de Verly, confia la garde de la forteresse de l' île de Gorée à un nommé Montmayeur, chef d'escadron de hussards à la retraite, au lieu de donner cet emploi à un officier de la garnison ou à Lieutenant Gouffé, lui-même.

Carte de l'île de Gorée en 1784 dressée par le Marquis de Lajaille

Carte de l'île de Gorée en 1784 dressée par le Marquis de Lajaille - Source Gallica - BNF Clic...


Le 7 ventôse de l'an XI (26 février 1803), une escadre anglaise, composée de 3 bâtiments de guerre et 2 transports, se présenta devant Gorée.
Elle portait 113 hommes de troupes et 300 déportés irlandais avec leur famille. Ignorant la reprise de l'île , elle détacha une chaloupe, qui fut saisis par surprise, car des habits rouges avaient été mis aux sentinelles et le pavillon français fut hissé. À ce moment il y avait dans la rade, le corsaire du capitaine Renaud et un bâtiment battant pavillon du Roi de Prusse.
Dans la journée plusieurs chaloupes anglaises amarinèrent celui-ci et le conduisirent vers leur escadre qui tiraient des bordées devant Dakar. Le lendemain soir, ce bâtiment regagna son mouillage. Ses allures parurent suspectes au Lieutenant Gouffé qui commandait la batterie placée au dessus de l'Anse ; il lui fit signal de mouiller et le vaisseau n'ayant pas obéi à cet ordre il le canonna. Le bateau prussien jeta l'ancre, le capitaine se plaignit d'une brutalité qu'il déclarait sans raison. Le soir il confia au capitaine Renaud que les anglais lui avaient retenu ses chaloupes et qu'ils allaient débarquer, cette nuit même, avec toutes leurs forces.
Montmayeur prévenu de ces projets perdit la tête et, après avoir laissé partir le capitaine Renaud, arrêta le 8 mars à minuit, les conditions de la reddition de Gorée avec le lieutenant Pickford, qui commandait la chaloupe anglaise, saisie la veille. Il l'envoya ensuite avec le lieutenant Gouffé, à bord de la frégate anglaise pour faire ratifier ces arrangements avec le Commandant.
À son retour le lieutenant Gouffé trouva tous les postes occupés par 40 matelots anglais fait prisonnier la veille et que Montmayeur avait laissé en liberté. Les soldats furieux qu'il ait traité avec des prisonniers et capitulé sans combattre, gagnèrent les batteries où ils enlevèrent les gargousses, et enclouèrent le plus de pièces possibles ; mais Gorée étant occupée par des marins anglais plus nombreux qu'eux, ils s'embarquèrent au point du jour sur un goélette qui les transporta à Dakar, d'où ils regagnèrent Saint-Louis par voie de terre.

Extrait carte du Sénégal dressée par Poirson en 1802

Extrait carte du Sénégal dressée par Poirson en 1802 (Gallica-BNF).

En l'an XII (1803), Abdoul Kader Kane, Almamy du Fouta, dont la colonie ne payait plus les coutumes, interdit le commerce.
En vendémiaire de l'an XIII(septembre 1804), François Blanchot de Verly s'en était vengé en organisant des pilleries autour de Saldé. En juillet 1805, à leur retour d'une traite, les commerçant de Saint-Louis, une goélette et une chaloupe s'étant échouées près de Fanaye, furent assaillies par les Peuls. Sur la Goélette il y eut 29 tués sur 30 personnes et 7 sur la chaloupe. À la suite de ces faits, François Blanchot de Verly fit partir le capitaine Bidet avec un détachement de soldats, 2 canons de campagne, 600 africains de Saint-Louis et 12 bâtiments. L'expédition brûla 10 à 12 villages au delà de Podor et fit beaucoup de captifs, mais, le 17 août 1805, le capitaine Bidet, voulant s'emparer de Fanaye, s'avança imprudemment loin du fleuve et se trouva face à une fortification gardée par des milliers d'ennemis. Au premier assaut, il tomba frappé de 3 balles, les sénégalais s'enfuirent et regagnèrent péniblement les barques abandonnant leurs canons, 14 tués et 18 blessés. Un nouveau traité serait intervenu en 1806 pour régler le paiement de la coutume et le droit de passage (aucune trace entre 1806 et 1815).

Extrait carte du Sénégal dressée par Poirson en 1802

Extrait carte du Sénégal dressée par Poirson en 1802 (Gallica-BNF).

En janvier 1807, François Blanchot de Verly est remplacé par Pierre Levasseur au poste de Gouverneur du Sénégal.

En 1807, après une accalmie de quelques années, les anglais tentèrent de bloquer Saint-Louis, mais échouèrent face à la résistance des habitants encouragés par l'énergie de leur gouverneur François Blanchot de Verly, qui mourut le 12 septembre 1807, et fut remplacé par le capitaine Levasseur, se trouvant sur place.

En juillet 1809 , une escadre anglaise commandée par l'Amiral Colombine et le général Maxwell, attaqua de nouveau Saint-Louis, qui ne disposait pas des moyens suffisants de défense pour résister à ces forces. La garnison, réduite par le feu et la maladie à 59 hommes, débris d'un envoi de 200 hommes arrivés en 1806, montra de mauvaises dispositions. Les jeunes gens du pays désertèrent l'île menacée par une flottille considérable venue par le fleuve après avoir franchie la barre. Saint-Louis capitula le 13 juillet 1809. La reddition signalait que la garnison serait reconduite en France. Les anglais occupèrent Saint-Louis jusqu'en 1816.

Le 13 juillet 1809, Pierre Levasseur quitte son poste de Gouverneur du Sénégal, et est remplacé par un Gouverneur anglais Charles William Maxwell. en 1814 il est remplacé par Charles MacCarthy, puis par Thomas Brereton la même année

Le Traité de Paris du 30 mai 1814, renouvelant le Traité de Versailles du 3 septembre 1783, rend à la France ses anciennes possessions de la côte Ouest d'Afrique, dans leur état de 1792.
Le 30 juillet 1814, le Gouvernement anglais donne l'ordre à son représentant, le colonel Charles William Maxwell, ou en son absence, à tout autre commandant sur la Côte, de remettre la Colonie.
Napoléon Ier ayant décrété, pendant les Cent-Jours, l'abolition de la traite des Noirs dans les colonies françaises (alors qu'il l'avait rétablie en 1801), cette décision est confirmée par le traité dans un article additionnel, mais ne sera pas appliquée

Napoléon 1er

Napoléon 1er , Empereur des Français, tableau peint en 1812 par Jean-Louis David - Collection National Gallery of Art, Washington,D.C.

Frégate la Méduse gravure de Jean-Jérôme Baugean

Frégate la "Méduse" gravure de Jean-Jérôme Baugean



Le 17 juin 1816 à 7 heure, après un traité complémentaire conclu le 20 novembre 1815, entre l' Angleterre et la France, prenant acte de l'abolition de la "Traite négrière" et mettant au compte de la France de lourdes charges financières ; une division navale composée de la corvette « l'Echo », commandée par le "capitaine de frégate" François-Marie Cornette de Venancourt, le brick « L'Argus » commandé par le lieutenant de vaisseau Léon Henri de Parnajon, la « Flûte »« La Loire », commandée par le lieutenant de vaisseau Auguste-Marie Gicquel des Touches et la "frégate" « La Méduse », commandée par le responsable de cette expédition, le "capitaine de frégate" Jean-Hughes Duroys de Chaumarey, quittent la baie d'Aix afin de reprendre possession du Sénégal.

A bord de la "frégate" « La Méduse », commandée par le "capitaine de frégate" Jean-Hughes Duroys de Chaumarey, avec sous ses ordres les lieutenants de vaisseau Jean Espiaux et Reynaud, les enseignes de vaisseau Lapeyrière et Maudet, un dénommé Richefort , le médecin chirurgien Jean Baptiste Henri Savigny ; se trouvent parmi les 400 personnes embarquées : le colonel Julien-Désiré Schmaltz, futur gouverneur du Sénégal, son épouse et sa fille ; Alexandre Corréard, ingénieur-géographe ; Charles Marie Brédif, ingénieur des mines ; la famille de Monsieur Picard, composée de 3 jeunes demoiselles, son épouse et 4 enfants en bas-âge, dont un bébé ; le bataillon d'infanterie du Sénégal, destiné aux garnisons de Saint-Louis et Gorée, à l'effectif de 160 sous-officiers et soldats, réparties en 3 compagnies et sous les ordres du commandant Poinsignon, 2 capitaines, 4 lieutenants et un détachement de 15 artilleurs de marine, et des civils destinés à peupler la colonie.

Le 6 juillet 1816 dans la matinée , la corvette« L'Echo », commandée par le "capitaine de frégate" François-Marie Cornette de Venancourt, arrive en rade de Saint-Louis.

Le 8 juillet 1816, le brick « L'Argus » commandé par le lieutenant de vaisseau Léon Henri de Parnajon, arrive en rade de Saint-Louis.

Le 2 juillet 1816 à 15 heure 15 (par 19°53'42'' de latitude nord et 19°20'34 '' de longitude ouest origine Paris ou 17°00'20'' origine Greenwitch), suite à l'inexpérience de son commandant Jean-Hughes Duroys de Chaumarey, qui s'en remettait entièrement à son second Richefort, un ancien officier militaire de marine, qui sortait des prisons anglaises, où il y était depuis 10 ans ; la "frégate" « La Méduse » s'échoua sur le banc d'Arguin. Après 3 jours de vains efforts pour le remettre à flots, l'eau ayant pénétré dans la cale, la bâtiment fut évacué par les passagers et l'équipage le 5 juillet 1816 vers 7 heure.

Naufrage de la frégate la Méduse sur les bancs d' Arguin

Naufrage de la frégate la Méduse sur les bancs d' Arguin



Le grand canot du bord de 14 avirons, où se trouvait 35 personnes dont le Gouverneur Julien-Désiré Schmaltz (qui s'y fit descendre dans un fauteuil fixé à l'extrémité d'un palan), sa famille et ses bagages, le commandant Poinsignon, le lieutenant de vaisseau Reynaud, l'enseigne de vaisseau Rang et Richefort, vint jeter une remorque à un radeau, construit avec divers éléments de la "frégate" « La Méduse » :

Plan du radeau de la Méduse

Plan du radeau de la "Méduse"

D'une longueur de 20 mètres sur 7 mètres de largeur environ, le radeau de la "Méduse" accueillait les militaires soit 122 hommes y compris les officiers de terre, 29 hommes, marins et passagers et une femme cantinière.
Pourvu d'une assez grande quantité de vin 6 barriques, 2 petites pièces d'eau, mais pas une seule barrique de biscuit. La farine en quantité déposée la veille fut jeté à la mer, lorsque après l'embarquement de 50 personnes, le radeau s'enfonça sous l'eau de 70 cm. Un sac de biscuits de 25 livres fut embarqué à la dernière minute et entièrement consommé dans la journée. Après le chargement de tout le monde soit plus de 150 personne, le radeau s'enfonçait dans l'eau de 1 mètre sur l'avant et l'arrière, les hommes serrés les uns contres les autres avaient de l'eau jusqu'à la ceinture.

Le canot major de 14 avirons, qui pouvait portée 50 personnes, et qui en reçut 42, dont l'enseigne de vaisseau Lapeyrière et la famille Picard (composée de 3 jeunes demoiselles, son épouse et 4 enfants en bas-âge) et le canot de 8 avirons, qui devait resté au Sénégal (Saint-Louis), chargé de 25 matelots dont l'enseigne de vaisseau Maudet ; jetèrent une touline à cette première embarcation, et les 3 canots, celui de 8 avirons en tête, remorquant le radeau prirent le large.

La chaloupe, en mauvais état et dépourvue de rames, avec 88 personnes à bord, dont le lieutenant de vaisseau Jean Espiaux, le lieutenant Paulin Etienne d'Anglas de Praviel, Charles Marie Brédif et la plus petite des embarcations, une yole, avec 15 personnes à bord, , étaient à une certaine distance et essayaient de retourner à bord.

Le commandant Jean-Hughes Duroys de Chaumarey, s'embarqua dans son canot de 12 avirons, qui pouvait porté 46 hommes, 27 matelots s'y précipitèrent et larguèrent les amarrages qui le retenait à la "frégate", sous les cris des hommes qui restaient à bord. Il rejoignit la chaloupe et leur donna l'ordre de se charger de la vingtaine hommes qui étaient resté sur la "frégate" « La Méduse » ; puis il rejoignit le radeau et prit la tête de ligne de la remorque.

La plus petite des embarcations, ne prit pas la remorque et se positionna en avant du convoi, afin de sonder.

Le lieutenant de vaisseau Jean Espiaux, qui commandait la chaloupe, après de longues manœuvres, parvint à regagner « La Méduse » et en compagnie de Charles Marie Brédif, ils y trouvèrent 60 personnes, dont le danger avait altéré la raison. Il fit embarquer les hommes qui étaient sur le pont. 17 hommes restèrent sur la "frégate" « La Méduse ». Selon un nommé Dalès, qui s'était caché avec 2 compagnons pour ne pas s' embarquer, 14 remontèrent de la chaloupe ne la trouvant pas susceptible de naviguer.

La chaloupe en mauvais, surchargée et faisant eau de toute part, rejoignit le convoi, elle se porta à la hauteur du grand canot où se trouvait le Gouverneur Julien-Désiré Schmaltz, qui refusa de prendre à son bord quelques hommes, afin de l'alléger.
Après avoir essuyer le même refus du canot major qui le précédait, elle se porta à la hauteur du 3ème canot, sous les ordres du lieutenant de vaisseau Maudet. Celui-ci très chargé et en mauvais état (la veille un de ses bordages avait été enfoncé par le radeau et une plaque de plomb colmatait la brèche), pour éviter le choc avec la chaloupe largua la remorque qui le reliait au canot major.
Ce dernier, à son tour se sépara du grand canot du Gouverneur Julien-Désiré Schmaltz. D'après l'officier qui le commandait, la touline avait été larguée par le grand canot du Gouverneur Julien-Désiré Schmaltz. Enfin celui-ci, après avoir remorquer seul le radeau largua l'amarre et l' abandonna.

Plus tard pour sa défense le Gouverneur Julien-Désiré Schmaltz l' expliqua ainsi : « Quelques hommes étaient sur le devant du radeau à l'endroit où était fixé la touline sur laquelle ils tiraient de manière à se rapprocher des embarcations ; ils en avaient tiré à eux plusieurs brasses ; mais une lame étant survenue, donna une forte secousse ; ces hommes furent obligés de lâcher ; les canots coururent alors avec plus de vitesse jusqu'à ce que l'amarrage fut tendu ; au moment où les embarcations en opéraient la tension, l'effort fut tel que la remorque cassa . »

Vers 16h le 5 juillet 1816, la chaloupe du lieutenant de vaisseau Jean Espiaux, arriva aux îles d'Arguin.

Dans la soirée, le grand canot du gouverneur Julien-Désiré Schmaltz et le canot du commandant Jean-Hughes Duroys de Chaumarey arrivent au Cap de Timiris.

Le radeau fut abandonné à 6 lieues de la "frégate" « La Méduse », les occupants étaient serrés les uns contre les autres, avec de l'eau jusqu'à la ceinture et avaient pour provisions un sac de 25 livres de biscuits, 6 barriques de vin, 2 pièces d'eau et de l'Eau de vie.

Dans la nuit du 5 au 6 juillet 1816, le radeau fut pris par une grosse mer, les occupants tombant les uns sur les autres, Jean Baptiste Henri Savigny, aidé par quelques personnes, plaça des filières afin d'avoir des points d'appui pour résister à l 'effort des lames. En milieu de nuit, des grosses vagues déferlèrent sur le radeau, soulevant les occupants du radeau et menaçant de les entraîner.
Au matin du 6 juillet 1816 vers 7 heure le vent souffla avec moins de fureur, un décompte fit état de la mort ou la disparition d'une vingtaine de personne. La journée fut belle et la tranquillité régna sur le radeau. A l'approche du soir, le découragement s'empara des hommes, le ciel se couvrit d'épais nuages et le vent se déchaîna et souleva la mer.

Le 6 juillet 1816 dans la matinée , la corvette « L'Echo », commandée par le "capitaine de frégate" François-Marie Cornette de Venancourt, arrive en rade de Saint-Louis.

Le 6 juillet 1816 vers 8 heure, la chaloupe du lieutenant de vaisseau Jean Espiaux, arriva à terre, au niveau du Cap Mirick à 80 ou 90 lieues de Saint-Louis, elle débarqua à 8 lieues au nord des Mottes d'Angel, 63 hommes, dont le lieutenant Paulin Etienne d'Anglas de Praviel, la femme d'un caporal, et l'adjudant Petit, à qui le groupe à l'unanimité, confia le commandement. Avec armes et provisions, celui-ci devaient faire route à pied vers Saint-Louis, en longeant la côte.
A midi, la chaloupe retrouva le canot major, le canot du sénégal et la yole, qui méfiants, refusèrent tout d'abord de s'approcher. La mer devenant grosse, la yole en difficulté aborda la chaloupe et tous les occupants furent hissés à bord.

Dans la nuit du 6 au 7 juillet 1816, des montagnes d'eau déferlèrent de l'arrière a l'avant du radeau, obligeant les hommes à se tenir au centre, ceux qui ne purent le gagner périrent tous. Au centre la concentration était tel, que des personnes furent étouffées par le poids des autres leur tombant dessus. Pour faire opposition aux lames qui venaient par le travers, et soulevaient le radeau perpendiculairement à la mer, les hommes se précipitaient sur le côté soulevé pour faire opposition.

Les soldats et matelots se croyant perdus, résolurent d'adoucir leurs derniers moments, en buvant jusqu'à perdre la raison. Ils se précipitèrent sur un tonneau qui était au centre du radeau, y firent un trou et à l'aide de gobelet en fer blanc, burent jusqu'à ce que l'eau de mer embarquée par le trou, gâta la boisson. L'alcool ne tarda pas à faire son effet, perdant la raison, ils décidèrent de se débarrasser des chefs et de couper les amarrages qui tenaient le radeau, afin de mettre un terme à leurs vies et d'entraîner tout le monde. Les officiers et les passagers, soit une vingtaine de personnes, se défendirent, et la lutte s'engagea à l'arme blanche (couteau, hache, épée, sabre, baïonnettes) et au pistolets. Il y eut deux assauts très violent, puis vers minuit les soldats s'apaisèrent et demandèrent pardon. Après une heure de tranquillité, les soldats se soulevèrent de nouveau, ceux qui n 'avaient pas d'armes cherchaient à déchirer avec leurs dents, de nombreuses personnes furent mordues cruellement.

Le radeau de la Méduse - (Collection de la BnF - Licence ouverte)

Le 7 juillet 1816 au matin, le radeau était jonché de cadavres, 60 à 65 hommes avaient péries pendant la nuit, dont une quart s'était noyé de désespoir. Parmi le petit groupe de défenseurs, il y avait 2 pertes et pas un seul officiers. Pendant la bataille deux barriques de vin et les deux seules pièces à eau furent jetées à la mer. Il ne restait qu'une barrique de vin pour une soixantaine de survivants, et aucune nourriture.
Tenaillés par la faim, ils se précipitèrent sur les cadavres, les découpèrent par tranches et les dévorèrent à l'instant. Beaucoup n'y touchèrent pas, presque tous les officiers furent de ce nombre. Certain essayèrent de manger des baudriers, des cuirs de chapeaux, du linge, un essaya même de manger des excréments, sans y parvenir. Mais voyant que cette affreuse nourriture avait redonné des forces à ceux qui l'avaient mangée. Ils se résolurent à la manger après l'avoir fait sécher pour la rendre un peu plus supportable au goût. Les hommes étaient extrêmement faible, la journée fut calme, le soir venu ils tentèrent de dormir debout, tant bien que mal, l'eau arrivant toujours jusqu'aux genoux.

Le 8 juillet 1816, le brick l' « Argus » commandé par le lieutenant de vaisseau de Léon Henri de Parnajon, arrive en rade de Saint-Louis

. Au matin du 8 juillet 1816, sur le radeau, une douzaine d'hommes étaient étendues sans vie, ils furent jetés à la mer, n'en réservant qu'un seul destiné à la nourriture. Vers 16 heures, un banc de poissons-volants passa, il en fut attrapé 300, qui furent stockés dans des barriques. Ils réussirent à établir un foyer pour les faire cuire, mais les portions étant si petites ils y ajoutèrent de la chair humaine. Celle-ci ainsi cuite, les officiers, la trouvant moins révoltante, en mangèrent pour la première fois. A compter de ce jour, ils continuèrent à en manger, mais sans la faire cuire, la barrique qui servait de foyer s'étant enflammée. Ce repas donna à tout le monde de nouvelles forces.

A 40 lieues de Saint-Louis, le canot major et celui du Sénégal, ont été obligés de faire côte le 8 juillet 1816 à 11 heure pour le premier et 17 heure pour le second, suite à une mutinerie. Voyant cela les matelots de la chaloupe exigèrent de débarquer. Lors de la manœuvre la chaloupe coula, mais personne ne périt. Les matelots avaient sauvé la baril d'eau et se le disputèrent. Puis, le groupe se mit en marche vers Saint-Louis. 30 mn plus tard, ils aperçurent le canot où se trouvait la famille Picard, composé de Monsieur, Madame, trois grandes demoiselles et quatre enfants dont un à la mamelle, qui vint s'échouer. Les officiers réunirent les équipages, au total 110 personnes, les rangèrent en ordre et firent route vers le Sénégal (Saint-Louis), sans ressources, assoiffés, affamés sans guide sur une côte peuplée de barbares. En s'enfonçant dans les terres, ils trouvèrent tout le long des côtes de Sénégambie, et en creusant le sable à 5 ou 6 pieds, une eau blanche saumâtre, qui sert de boisson ordinaire et les besoins domestiques dans cette contrée.

Dans la nuit du 8 au 9 juillet 1816, sur le radeau, des espagnols, des italiens et des africains, étant restés neutre dans la première révolte, et dont quelques uns s'étaient rangés du côté des officiers, formèrent le complot de les jeter à la mer. Un des marins resté fidèle et qui avait refusé de se joindre au complot désigna les coupables. Un espagnol armé d'un couteau, fut saisis et jeter à la mer, un italien armé d'une hache se précipita à la mer. Puis une lutte terrible s'engagea de nouveau. La cantinière fut jetée une seconde fois à la mer, elle l'avait déjà été avec son mari, lors de la première nuit d'émeute et sauvé par Alexandre Corréard. Cette fois ci Monsieur Coudin, aidé de quelques ouvriers l'en retirèrent pour prolonger sa vie de quelques instants.

Au matin du 9 juillet 1816, il ne restait qu'une trentaine de survivants, l'eau de mer avait enlevé l'épiderme de leurs membres inférieurs, ils étaient couverts de contusions et de blessures. Seul une vingtaine étaient capables de tenir debout et de marcher. Il restait à peine une douzaine de poisson et du vin pour quatre jours.

Vers 22 heure le 9 juillet 1816, deux embarcations de la "frégate" « La Méduse » : le grand canot du Gouverneur Julien-Désiré Schmaltz et le canot du capitaine Jean-Hughes Duroys de Chaumarey arrivèrent à Saint-Louis et montèrent à bord de la corvette « L'Echo » qui se trouvait dans la rade, ceux-ci avisèrent du naufrage de « La Méduse » deux commerçant de cette ville ainsi que le commandant anglais, le lieutenant-colonel Thomas Brereton, et s'entendirent avec eux sur les moyens d'assurer les recherches à faire entre Saint-Louis et Portendick , le dernier point où avaient été perdues de vue quatre embarcations emportant des naufragés.

Le 10 juillet 1816 dans l'après midi, la gabarre « La Flute », commandée par le lieutenant de vaisseau, Gicquel des Touches, arrive en rade de Saint-Louis.

Le 11 juillet 1816 le brick « L'Argus » sous les ordres du lieutenant de vaisseau de Léon Henri de Parnajon, quitte Saint-Louis pour porter secours aux naufragés de la « La Méduse ».

Le 11 juillet au matin, la troupe des occupants des canots, dont la famille Picard, aperçut le brick "L'Argus", qui croisait pour apporter des secours. Une embarcation leur fit parvenir des biscuits et du vin. Le soir, ils rencontrèrent un irlandais nommé Karnet, un capitaine marchand, qui en compagnie de quelques indigènes, habillé et parlant comme les Maures, venait de Saint-Louis pour leur porter secours.

Dans la journée du 11 juillet 1816, sur le radeau, deux soldats s'étaient glissés derrière la seule barrique de vin qui restait, l'avaient percée et en avaient bu le contenu à l'aide d'un chalumeau, furent pris et jeter à la mer. Dans la même journée un enfant de 12 ans nommé Léon périt également. Il ne restait que 27 personnes, dont 15 paraissaient pouvoir exister quelques jours. Ceux ci décidèrent, afin d'économiser le vin et jugeant leur état désespéré, de jeter les autres à la mer. Parmi eux la cantinière et son mari.
3 matelots et un soldat se chargèrent de cette tâche. Ceci fait toutes les armes, sauf un sabre, furent jetées à la mer.

Le 13 juillet 1816, les rescapés aperçurent un papillon blanc, des disputes se firent entre ceux qui le voyait comme un envoyé du ciel et ceux qui le convoitaient pour le manger. D'autres papillons arrivèrent ainsi qu'un goéland, ceux qui les persuada qu'ils étaient proche des côtes africaines.
Ils burent leurs urines et de l'eau de mer. Ils élevèrent au centre du radeau, un parquet où ils se rassemblèrent avec tous les effets qu'ils avaient pu récupérer.

Vers 19 heure le 13 juillet 1816, après 5 jours de marche dans le désert et de nombreuses péripéties et problèmes dues à leur rencontre avec des Maures, les équipages du canot major, du canot Sénégal, 25 hommes de la chaloupe et les 15 occupants de la pirogue, dont la famille Picard arrivèrent à Saint-Louis.

Le 14 juillet 1816, sur le radeau, alors qu'une violente dispute éclatait ; Clairet, Coudin, Charlot et un ou deux matelots ayant décidés de s' enivrer avec le reste du vin avant de mettre fin à leurs jours, une troupe de requins encercla le radeau pendant 3 jours, mais malgré de nombreuses tentatives, ils ne purent en tué aucun.

Le 16 juillet 1816, 8 hommes du radeau décidèrent de rejoindre la terre en chevauchant une jumelle (pièce de bois de 70 cm de large et 12 mètres de longueur, qui sert à renforcer un mât sur le point de rompre) équipée de planches clouées pour l'empêcher de chavirer et d'un mât avec une voile de 130cm sur 160cm, et une botte contenant du vin. Le départ était prévu pour le 16 juillet 1816. Les hommes à califourchon, les pieds dans l'eau, devaient rallier la terre, à l'aide d'avirons fait avec des douves de tonneau. Au premier essai, un matelot, voulant aller de l'avant à l'arrière, gêné par le mât, plaça le pied sur l'une des planches transversales, et le fit chavirer. Ils abandonnèrent ce projet et résolurent à attendre la mort sur le radeau.

Le 17 juillet 1816 au matin, après avoir partagé une partie du vin qui restait, ils aperçurent un vaisseau à l'horizon et reconnurent un brick à l'allure de ses mats. Pendant ½ heure ils tentèrent d'attirer son intention. Le brick disparut. L'abattement tomba sur les rescapés, ils se réfugièrent sur un parquet qu'ils avaient construit, firent une tente et se réfugièrent dessous pour ne plus voir ce qui les entourait, et graver sur une planche, un abrégé de leurs aventures, d'écrire leurs noms en bas de ce récit et de le fixé à la partie supérieur du mat.
Après 2 heures de réflexions, le maître canonnier Couriade voulut aller au devant du radeau, il sortit de dessous la tente et aperçut le brick qui a une demi-lieue faisait voile vers eux. Ils reconnurent « l' Argus », qui vint se mettre en panne à tribord et mit une embarcation à la mer pour recueillir les survivants.
Ceux ci étaient presque nus, le corps et le visage flétris de coups de soleil, les membres dépourvus d'épiderme, les traits hagards, les yeux caves et des barbes qui leur donnaient un air hideux, 10 des 15 survivants pouvaient à peine se mouvoir.

Le 17 juillet 1816, les rescapés du groupe de 63 hommes débarqués de la chaloupe, aperçurent le brick « L'Argus », qui croisait au large, mais celui-ci ne vit pas leurs signaux.
Au matin du 19 juillet 1816, ils rencontrèrent l'irlandais Karnet qui venait à leur rencontre pour leur apporter des vivres. Ils revirent « L'Argus ». qui leur envoya un baril de biscuits et de l'eau de vie. Ce fut Karnet, et le Prince maure Hamet et quelques autres, qui allèrent à la nage les chercher, les embarcations ne pouvant franchir les brisants. Le groupe était à 20 lieues de Saint-Louis et appris à ce moment le sort malheureux des occupants du radeau.

Le 19 juillet 1816 à 14 ou 15 heure, le brick "L'Argus" jeta l'ancre dans la rade de Saint-Louis, avec à son bord 15 rescapés du radeau de « La Méduse » sur les plus 150 qui furent abandonnés le 5 juillet 1816. Les survivants, le corps et le visage flétris de coups de soleil, les membres dépourvus d'épiderme, les traits hagards, les yeux caves, débarquèrent dans la soirée, cinq n'ont pu survivre et sont morts à Saint-Louis, il s'agit des sous-lieutenant Lozach et Clairet (décédé le 24-08-1816) ; du sergent major de Toulon Charlot, du maître canonnier Couriade et du soldat noir Jean-Charles.
Les survivants sont: Dupont, capitaine d'infanterie ; Lheureux, lieutenant d'infanterie ; Griffon du Bellay, ex commis de marine ; Coudin, élève de marine ; Lavillette, chef d'atelier ; Coste, matelot; Thomas, pilotin ; François, infirmier ; Alexandre Corréard, ingénieur-géographe  et Jean Baptiste Henri Savigny, chirurgien, qui firent un récit de leurs mésaventures en 1817 et 1821.

Le radeau de la Méduse - (Collection BIU Santé - Licence ouverte)

Le 22 juillet 1816 vers 19 heure, le lieutenant Paulin Etienne d'Anglas de Praviel, accompagné d'un marabout nommé Abdalla, arrivèrent au petit village de Guetendar sur la pointe de Barbarie, situé en face de Saint-Louis. Un lapto lui offrit sa pirogue pour la rejoindre. Il venait en avant garde du groupe de 63 personnes débarquées par la chaloupe de la « La Méduse », commandée par lieutenant de vaisseau Jean Espiaux, le 6 juillet 1816 vers 8 heure, au niveau du Cap Mirick à 80 ou 90 lieues de Saint-Louis et à 8 lieues au nord des Mottes; qui arriva le lendemain 23 juillet 1816 vers midi. Sur les 63 personnes, 54 hommes arrivèrent à Saint-Louis. Cinq hommes et une femme avaient péris ; des 3 hommes qui s'étaient égarés en débarquant : les naturalistes Kummer et Rogery, recueillis par le Prince Trarza Muhammad, fils du Roi Zaïde, arrivèrent la veille.

Portrait du roi Zaïde - Naufrage de la frégate La Méduse faisant partie de l'expédition du Sénégal (Collection BIU Santé - Licence ouverte)

Le dernier, un militaire passa un mois à errer de tribu en tribu avant de rejoindre Saint-Louis.

Le Gouverneur Julien-Désiré Schmaltz engagea des pourparlers avec le gouverneur anglais Thomas Brereton, afin de reprendre possessions des établissements français, ce dernier refusa sous prétexte qu'il n'avait reçu aucun ordre à cet effet. Le 24 juillet 1816, devant ce refus le Gouverneur Julien-Désiré Schmaltz alla s'établir avec les rescapés au camp de Daccart sur la presqu'île du Cap Vert, où le chef Mothar Diop lui accorda l'hospitalité, et continua ses pourparlers et démarches qui aboutirent le 25 janvier 1817.

Le 26 juillet 1816, le gouverneur Julien-Désiré Schmaltz envoya une goélette commandée par le lieutenant de vaisseau Renaud. Des plongeurs africains et quelques passagers composaient l'équipage. Avec des provisions pour 8 jours, elle avait pour mission de retrouver les 100.000 francs écus, qui se trouvaient toujours à bord de la "frégate" « La Méduse ». Ayant éprouvée des vents contraire, elle rentra au port, après avoir lutté inutilement pendant 7 ou 8 jours pour se rendre à son bord.

Vers le 2 ou 3 août 1816, cette goélette repartit de nouveau, après avoir pris 25 jours de vivres. Mais la voilure étant très délabrée, celle-ci, sous je coup d'un fort coup de vent fur entièrement hors d'état de servir.

Le 16 août 1816, 12 des 17 hommes abandonnés sur la "frégate" « La Méduse », se voyant à la veille de manquer de tout, construisirent un radeau afin de gagner la terre. Ils ne parvinrent pas, les restes de leur radeau fut retrouvés sur les côtes du Sahara, par des Maures, sujet du Roi Zaïde.

Quelques jours après, une matelot, qui avait refusé de s'embarquer sur ce radeau, voulut aussi gagner la terre en s'embarquant dans une cage à poule. Il fut submergé à une demi-encablure de la "frégate".

Vers le 17 ou 18 août 1816, après 15 jours de navigation pour tenter de rejoindre la "frégate" « La Méduse », la goélette revint à Saint-Louis, où après 10 jours consacrés au changement de voilure, les 2 goélettes de commerce « Isabelle » et « Xomba », repartirent et rejoignirent « La Méduse » 52 jours après son abandon.
Soit le 26 août 1816, sur les 4 derniers hommes qui restaient à bord, un venait de mourir quand la goélette arriva. Les 3 survivants ne disposaient plus que d'Eau de vie, de suif et de lard salé. Ils vivaient séparément et à chaque rencontre, couraient les uns sur les autres en se menaçant de coups de couteau.

Les goélettes se déclarèrent corsaire, et mirent au pillage tous les effets qu'ils purent attrapés. Ils sabordèrent la "frégate" et par cette ouverture récupérèrent les farines, du vin et de nombreux objets. Le lieutenant de vaisseau Renaud, enleva pour son profit, plusieurs malles et quatre hamacs contenant toutes sortes d'objet. A son retour à Saint-Louis, les survivants de la « La Méduse » ne purent récupérer leurs biens personnels, et apprirent le sens des mots « bonne prise ». Le lendemain la ville fut transformé en foire publique qui dura 8 jours. Là fut vendu les biens appartenant à l'état et à ceux qui avaient péri et ceux qui étaient encore en vie (ameublement, pavillons de bord, vêtements, gréement et voilure de la "frégate", draps de lit, cadres, hamacs, couvertures, livres, etc...).

Quelques jours plus tard, les commerçants de Saint-Louis furent autorisés à se rendre à bord de « La Méduse » avec leurs vaisseaux, à conditions de faire l'armement à leurs frais et que tout ce qui pourrait être sauver devraient être partagés en deux portions égales, dont une reviendrait au gouvernement. Quatre goélettes partirent de Saint-Louis, elles rapportèrent une grande quantité de barils de farine, de viandes salées, de cordage, de voiles, etc.. Cette expédition fut terminée en moins de 20 jours. Contrairement à la goélette de Renaud, ces vaisseaux se montrèrent généreux et restituèrent leurs objets personnels et effets, aux naufragés qui en firent la demande.

Le 1er octobre 1816, le gouverneur anglais, ordonna aux quelques officiers et soldats français de terre et de mer de quitter Saint-Louis et de se rendre au camp de Daccard.

Le 24 octobre 1816, le mât d'artimon de « La Méduse », qui avait été coupé lors d'une expédition et abandonné faute de pouvoir l'embarquer ; porté par la mer, arriva sur la côte vis à vis de l'île Saint-Louis. Les habitants de Guélandar le tirèrent et le ramenèrent dans l'île.

Le 20 novembre 1816 Monsieur Mac Carthy, gouverneur-général des établissements anglais, autorisa le gouverneur français Julien-Désiré Schmaltz à s'installer où il le souhaitait, Celui-ci choisi Saint-Louis

Ce naufrage indépendamment des approvisionnements et du matériel qui ne purent être utilisés, privait la Colonie des premiers fonds que l'Etat lui envoyait : 90.000 ou 100,000 francs d'écus, contenus dans des barils qui ne purent être enlevés des soutes.

Le radeau de la Méduse tableau peint en 1919 par Théodore Géricault

Le radeau de la Méduse tableau peint en 1819 par Théoddore Géricault (Musée du Louvre)


Sources Gallica-BNF:
Relation du naufrage de la frégate "La Méduse" par Corréard et Savigny 1817
Naufrage de la frégate "La Méduse" par Paulin Etienne d'Anglas de Praviel 1818
Naufrage de la frégate "La Méduse" par Corréard et Savigny 1821
Naufrage de la frégate "La Méduse" par Charlotte Adélaïde Picard 1824

Le 20 novembre 1816 Monsieur Mac Carthy, gouverneur-général des établissements anglais, autorisa le gouverneur français Julien-Désiré Schmaltz à s'installer où il le souhaitait, Celui-ci choisi Saint-Louis

Le 25 janvier 1817 le Gouverneur anglais Thomas Brereton, céde son poste au Gouverneur français Julien-Désiré Schmaltz

En décembre 1817 Julien-Désiré Schmaltz est remplacé par Aimé-Benjamin Fleuriau. il reprend son poste le 13 mars 1819.

En 1819 Gaspard Théodore Mollien partit à la recherche des sources du fleuve Sénégal, de la Gambie et du Niger, il parcourut le Fouta-Djallon et le pays Djolof, pour revenir à la côte par le Rio Geba.

Carte trajet exploration Mollien en 1819

Carte trajet exploration Mollien en 1819 (Source Wikipedia) .

La même année eut lieu l'exploration de De Beaufort dans le Bambouk, la Gambie, le Khasso et le Kaarta. Cet explorateur mourut à Bakel en 1825.

En date du 8 mai 1819, à bord du navire l'Isère, sur le fleuve Sénégal en face du village de N'guio, le colonel Julien-Désiré Schmaltz, gouverneur du Sénégal, signe le Traité de Ndiaw avec le Brak du Waalo Amar Boye et les principaux chefs du Waalo : Biram-Coura; Boutanegue,Giourbal; Madiokare, Guiodine; Sakoura, Bekio; Guiak Dango, Malo; Guiak Guio, Guiogamaye; Fara-Couri, Manrossa; Boubaka Daro, Mangasse; Yrime Salme, Berty; Mangoney, Guiambenark:

Désirant établir entre eux union parfaite, paix et amitié constantes et ouvrir de nouvelles relations desquelles il puisse résulter des avantages réciproques tant pour la France que pour le pays du Waalo; sont convenus des articles suivants:
Art 1er - Le Roi Amar Boye, Brak du pays de Wallo, les chefs ci-dessus dénommés et tous les autres invitent le Commandant pour le Roi et administrateur du Sénégal et dépendances à diriger les sujets de S.M.T.C sur les terres du du Waalo pour y former conjointement avec le concours des habitants indigènes des établissements de culture dans toutes les positions qui lui paraîtront les plus avantageuses

Art .2 - En conséquence de l’article ci-dessus et pour son exécution le Roi Amar Boye, les chefs ci-dessus dénommés et tous les autres s’obligent et promettent de céder, remettre, et transporter à S.M le Roi de France en toute propriété et pour toujours, les iles et toutes autres portions de terre ferme du Royaume du Waalo qui paraitront convenables au Commandant du Sénégal, pour la formation de tous établissements de culture qu’il jugera à propos d’entreprendre dès à présent et par la suite. Lesdites cessions faites en retour de redevances ou de coutumes annuelles qui seront déterminées ci-après et en considération du désir qu’ils ont d’augmenter la prospérité de leur pays pour sa mise en valeur et le commerce, et des secours qu’ils trouveront dans une alliance avec le gouvernement français.

Art .3 - La tranquillité du pays du Waalo et la sûreté des établissements de culture qui y seront entrepris, nécessitant des mesures de protection suffisantes pour mettre les personnes et les propriétés à l’abri de toute incursion de la part des peuples voisins, le Roi Amar Boye, Brack du pays du Wallo, les chefs ci-dessous dénommés et tous autres demandent qu’ ils soit construit, par le Gouvernement Français un fort au village de Dagana, situé sur les frontières avec le pays de Toro, et des postes moins considérables dans les autres parties du Royaume, partout ou ils seront jugés nécessaires par le Commandant pour le Roi et Administrateur du Sénégal et dépendances, et qu’il y soit placé les garnisons qu’exigera leur défense.

Art .4 - En toutes circonstances ou le Roi Amar Boye et les autres principaux chefs du pays de Wallo seraient forcés de pourvoir à leur sureté personnelle, par faits de guerre ou troubles dans le pays, ils seront reçus dans lesdits forts et postes, et il y sera pourvu à leur subsistance pendant le séjour qu’ils y feront.

Art .5 - Les établissements qui seront formés davant être exploité par des bras libres, le Roi Amar Boye, Brack du pays du Wallo, les chefs ci-dessus dénommés et tous autres s'engagent et promettent de faire concourir, par tous les moyens qui seront en leur pouvoir, aux défrichements et plantations des terres, ainsi qu'aux travaux de toute espèce desdits établissements...

Traité de paix et d'amitié conclu à N'guio le 8 mai 1919 avec le Roi et les chefs du Wallo

Traité de paix et d'amitié conclu à N'guio le 8 mai 1919 avec le Roi et les chefs du Wallo - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 3 page 202 – Gallica-BNF


Ce traité devait permettre à la France de créer des établissements de culture et de construire des forts militaires à Dagana et dans tous les lieux où il le jugerait nécessaire pour assurer la conservation des propriétés et la tranquillité du pays, et d' y placer des garnisons suffisantes pour les défendre et protéger les habitants du Royaume du Wallo .

En août 1819 les Peuls attaquèrent deux bâtiments de Saint-Louis qui remontaient le fleuve Sénégal. Les Trarza qui se prétendaient suzerain du Waalo passèrent le fleuve, tuèrent une cinquantaine d'africains et en firent une centaine prisonniers. La garnison de Saint-Louis envoyé pour les combattre, les battit et incendia plusieurs villages Peuls.

Le 14 août 1820 Julien-Désiré Schmaltz est remplacé par Louis-Jean-Baptiste Le Coupé de Montereau au poste de Gouverneur du Sénégal.

Les français s'entendirent avec les Douaïchs pour qu'ils vinssent à l'escale de Bakel habitée par les N'Diaye ou Dialanké, où de Melay, lors de sa mission dans cette région, avait créé en 1818 un poste.
De 1819 à 1821 ce poste fut transformé en fort, destiné à garantir la pratique du commerce, puis étendu à la suite d'un traité signé le 7 juillet 1824 avec Samba Couyol, chef des Toubabe Kane, agissant pour le chef des Makana, qui leur cédait définitivement en toute propriété le terrain pour l'installation d'un fort et de magasins entourés d'un mur crénelés.

Gravure Poste de Bakel en 1819

Fort de Bakel et environs en 1819 (Source Wikipedia)

Le 7 février 1821, le Commandant du poste de Bakel, Hesse, signe un traité d'amitié et de commerce avec Moktar, chef de Douaïch, par lequel celui-ci s'engage à former une escale à Bakel et d'y envoyer toutes les gommes recueillies dans son pays, en échange du paiement d'une coutume annuelle pour lui et le Prince Souédé-Hamet.

Traité d'amitié et de commerce conclu à Bakel le 7 février 1921 avec Moktar chef de Dowiches

Traité d'amitié et de commerce conclu à Bakel le 7 février 1921 avec Moktar chef de Dowiches - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 3 page 248 – Gallica-BNF


Par Traités, en date du 7 juin 1821, les Trarza consentirent à céder leurs droits sur le Waalo.
Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis le 7 juin 1821, entre Louis XVIII, Roi de France, représenté par Louis-Jean-Baptiste Le Coupé de Montereau et le Roi des Trarza, Amar-Moktar.

Louis XVIII en habits de sacre par le peintre Robert Lefèvre, 1822

Louis XVIII en habits de sacre par le peintre Robert Lefèvre, 1822



Le Roi Amar-Moktar et les Princes Trarza consentent à céder aux français moyennant le paiement d'une coutume tous leurs droits sur le Waalo et s'engagent à respecter, défendre, conserver, protéger et contribuer de tous leurs moyens à la prospérité de tous les établissements qu'ils plairaient aux français de former sur la rive gauche du Sénégal. Il sera loisible aux français de s'établir sur la rive droite de Saint-Louis jusqu'à Gaë.
Le Roi Amar-Moktar et les Princes Trarza s'engagent à ne jamais faire d'incursion dans le Waalo et n'y commettre ni dégâts, ni pillages, ni vexations, considérant désormais cette contrée comme dépendante du Sénégal. Ils s'engagent à garantir aux français la propriété du Waalo contre les prétentions non fondées que pourraient manifester les Peuls et les Brakna.

Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis le 7 juin 1821 entre la France et les Trarza

Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis le 7 juin 1821 entre la France et les Trarza - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 3 page 270 – Gallica-BNF



Le 25 juin 1821, les Brakna cédèrent à leur tour les terres jugées nécessaires pour y faire des établissements.
Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis le 25 juin 1821, entre Louis XVIII, Roi de France, représenté par Louis-Jean-Baptiste Le Coupé de Montereauet les Brakna, représenté par Amet-Dou.
Hamet-Dou, Roi des Brakna, promet et s'engage à favoriser par tous les moyens la traite de la gomme qui se fait à son escale et tout autre commerce qui pourrait s'ouvrir par la suite. Les coutumes payer par les bâtiments restent inchangées. Il s'engage en cas de désaccord entre les français et le pays du Toro à transporter son escale à Souleyméra (entre Rockolle et Fanaye), afin d'éviter que les bâtiments en traite soient insultés ou attaqués par les habitants du Toro.

Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis le 25 juin 1821 entre la France et les Braknas

Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis le 25 juin 1821 entre la France et les Braknas - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 3 page 273 – Gallica-BNF


Les terrains concédés dans le Waalo furent divisés en quatre cantons ayant pour centre administratif Dagana. Où fut construit en 1821 une caserne entourée d'un mur constituant un poste militaire. Les Chefs-lieux furent:
- 1° Richard-Toll où avait été créé un jardin pour l'acclimatation des plantes exotiques et vivrières; tels que caféiers, oliviers, dattiers, cocotiers, bananiers, sapotilliers, orangers, goyaviers, manguiers:
2° Faf et 3° Lamsar contenant une quarantaine d'habitations, dont une dizaine en maçonnerie. Cette organisation était complétée par un canton rural autour de Saint-Louis, composé de plantations faites par les habitants.

Carte des contrées entre le Sénégal et la Soudan 1888

Carte des contrées entre le Sénégal et la Soudan 1888 - Source Gallica - BNF

Le 26 juillet 1821, par ordonnance royale,Jacque-François Roger dit le Baron Roger, est nommé commandant et administrateur du Sénégal et dépendances, et le 1er mars 1822, il remplace Louis-Jean-Baptiste Le Coupé de Montereau au poste de Gouverneur du Sénégal.

Jacque-François Roger

Jacques-François Roger dit Baron Roger (1787-1849)



Jacque-François Roger, est chargé de mettre en œuvre une politique de redressement et de développement de la colonie, mais aussi de réaliser des économies, il mène au bord du fleuve Sénégal d'importants essais agricoles avec la collaboration de Jean Michel Claude Richard, dont il donnera le nom à Richard-Toll (Toll signifiant "jardin" en wolof) , jardinier en chef de la colonie. Il tente ainsi d'acclimater toutes sortes d'espèces végétales, notamment des arbres fruitiers, des légumes, mais également des plantes médicinales, des plantes industrielles et l'indigo.
Jacque-François Roger, se fit construire un château à Richard-Toll, surnommé "La Folie du Baron Roger", il se marie avec Yacine Yerim Diaw, la fille du Diaguomaye.

Fort de Richard-Toll en 1822

Fort de Richard-Toll en 1822 - Source wikipedia

Folie du Baron Roger 2007

Folie du Baron Roger 2007 - Source wikipedia

En date du 19 août 1824, à N'diaguère, Jean-Jacques Alin et Victor Chaize, négociants, représentant M. le Commandant et Administrateur pour le Roi du Sénégal et dépendance, signe un traité de paix et d' amitié avec Ahmet-Oul-Dou Lhegatt, fils d'Amar Roides Trarza; Ely-Oul-Dou-Brahim, Prince de la dite tribu, et Moktar-Kadija, Ministre du Roi.
Amar et les Princes Trarza s'obligent à faire ouvrir chaque année une escale, aux époques ordinaires, sur le bord du fleuve et d'y faire porter toutes les gommes et leurs dépendances, sans exception, et s'interdisent de faire ouvrir aucune autre escale de gomme en quelque lieu que ce soit.
En contrepartie le Commandant s'engage à payer au Roi et aux Princes Trarza la totalité de leurs coutumes arriérées à la fin de la traite de 1825, et ensuite chaque année les coutumes convenues, si les Trarza remplissent les engagements qu'ils prennent.

Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis le 25 juin 1821 entre la France et les Trarza

Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis le 25 juin 1821 entre la France et les Trarza - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 3 page 320 – Gallica-BNF


En 1826 les français durent livrer un combat pour empêcher les habitants de Gandiol de piller le brick “Toujours le même”. 75 hommes et 2 officiers du 18ème régiment d'Infanterie légère prirent part à cette opération de police; mais ils durent reculer et perdirent 2 officiers et 31 hommes. Le sergent Vincent, qui en faisait partie, put rallier ses camarades, malgré les obstacles du terrain et du combat, et les embarquer sur des canots. La garnison de Saint-Louis était de 200 hommes. À la suite de cet échec, et sur la demande du Gouverneur le Baron Jacques-François ROGER, elle fut renforcée des troupe de la “Bretagne” et de la “Bayonnaise”.

En date du 10 octobre 1826, Le Commandant particulier à Gorée, Alexandre Hesse, représentant le Baron Roger, conclu un traité, avec Moktar-Diop chef de Dakar et de la presqu'île du Cap-Vert, au sujet des naufrages.
Moktar-Diop s'engage, en son nom et en celui de tous les chefs de la presqu'île du Cap-Vert, à faire respecter les hommes et la propriété des navires naufragés; à accueillir, soigner et accompagner à Gorée, l'équipage et les passagers qui ne pourront rester sur le navire, contre une récompense.
Avec le consentement du capitaine ou des autorités de Gorée, les habitants de Dakar pourront travailler à remettre à flot un navire échoué ou décharger sa cargaison, en contrepartie d'un salaire de 2 fr. 50 centimes par jour...

Traité conclu à Gorée le 10 octobre 1826 entre la France et les chefs de Dakar au sujet des naufrages

Traité conclu à Gorée le 10 octobre 1826 entre la France et les chefs de Dakar au sujet des naufrages - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 3 page 426 – Gallica-BNF


En date du 16 décembre 1826, le Damel du Cayor, Biraima Fatma Tioub Fall abandonnait par Traité son droit de bris sur les naufrages.(rien dans les traités officiels)

En 1827, les français repoussèrent les hostilités des Trarza, qui ravagèrent plusieurs habitations et tuèrent quelques planteurs blancs et quelques travailleurs africains.

Le 28 avril 1827, la France abolie la Traite des Noirs

Loi sur l'abolition de la traite des Noirs du 25 avril 1827

Loi sur l'abolition de la traite des Noirs du 25 avril 1827" title="Loi sur l'abolition de la traite des Noirs du 25 avril 1827 - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 3 page 438 – Gallica-BNF


Le 19 mai 1827, Hyacinthe-Benjamin Gerbidon remplace Jacque-François Roger dit le Baron Roger au poste du Gouverneur du Sénégal par intérim. Le 7 janvier 1828, Jean Jubelin, nommé par décret le 27 septembre 1827, remplace Hyacinthe-Benjamin Gerbidon au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 25 mars 1829, à Saint-Louis, E.Ernel,inspecteur des cultures; François Pellegrin, maire de Saint-Louis; Victor Calvé, directeur de la compagnie de Gallam et Walo, Alin aîné, négociant, ayant les pouvoirs du Gouverneur du Sénégal Jean Jubelin, signe un Traité de paix et d' amitié avec Ahmed-el-Leygâth, frère du Roi des Trarza; Ahmed-Bou-Bakar-Sadiq; Ahmed-Outa; Ahmed-Sidi, Princes des Trarza, revêtus des pouvoir de Mohammed-El-Habib, Roi des Trarza et de tous les Princes.
Les 2 parties contractantes, confirment et jurent d'adhérer en tous points au traité du 7 juin 1821, signé par M. Lecoupé, gouverneur du Sénégal et Amar-Ould-Mokhtar.
Le Gouverneur du Sénégal Jean Jubelin, accepte de payer les coutumes arriérés, et les Roi et Princes Trarza, peinés des fâcheux accidents arrivés aux habitations de Vestale et Bovarouk en 1827, abandonnent une année de leurs coutumes arriérés pour les justes réparations que peuvent prétendre les victimes de ces évènements...

Le 23 avril 1829, des articles additionnels à la précédente Convention, stipule que la coutume spéciale accordée en 1821 à Mohamed-Fal, fils d'Omer et qui depuis la mort de ce Prince avait été octroyée temporairement à Edy, son frère; sur la demande de Mohammed-El-Habib, soit dévolue à Edy son frère, sa vie durant et à celle de son fils, sa vie durant. S'il ne laisse aucune postérité mâle la coutume s'éteindra définitivement. Si à la mort d'Edy, il laisse un héritier mâle mineur, la coutume sera versée pour lui, jusqu'à sa majorité, au Roi des Trarza...

Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis le 25 mars 1829 entre la France et le roi de Trarza (ratifié par le Gouverneur du Sénégal le 15 avril 1829 et les articles additionnels signée à Saint-Louis le 23 avril 1829

Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis le 25 mars 1829 entre la France et le roi de Trarza (ratifié par le Gouverneur du Sénégal le 15 avril 1829) et les articles additionnels signée à Saint-Louis le 23 avril 1829 - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 3 page 537 et 539 – Gallica-BNF


En 1829, la paix fut rétablie avec les Trarza, mais en 1830 un marabout nommé Mohamed Oumar, ravagea le Waalo. Il fut battu près de Dagana et pendu par les Wolofs au poste de Richard-Toll.

Le 29 avril 1829, à Saint-Louis, le Gouverneur du Sénégal Jean Jubelin conclu un traité d'alliance avec Ibrahim-Ould-Moktar, chef de la tribu Maure des Dakhelifas. Les Dakhelifas résidant constamment dans le Waalo, et ceux-ci pouvant être de plus en plus utiles à la colonie, tant auprès du Waalo que des Maures; une coutume sera payée annuellement au 1er janvier à Ibrahim-Ould-Moktar, elle sera composée comme il suit:
4 pièce de guinée bleue; 1 fusil double, fin; 10 livres de poudre; 200 balles; 200 pierres à feu; de plus, lorsqu'Ibrahim-Ould-Moktar viendra à Saint-Louis pour y recevoir ses coutumes ou quand il sera appelé au service du Gouvernement, il recevra un souper, composée chaque jour de 6 moules de mil ou l'équivalent en riz; 2 livres de pains ou de cassonades; 7 livres de viande fraiche. Ce souper lui sera réservé personnellement et jamais à ses employés.
En contrepartie Ibrahim-Ould-Moktar s'engage à défendre le Waalo; retrouver les esclaves déserteurs des établissements français et les bestiaux perdus ou volés; employer son influence pour défendre les intérêts du Sénégal auprès des Trarza ou du Waalo ...
Détail carte de la banlieue de St Louis, du Oualo, du N Diambour levée et dressée par M. Bois, capitaine d'état-major; assisté de M. Frey, sous-lieutenant d'infanterie de marine en 1870

Carte de la banlieue de St Louis, du Oualo, du N Diambour levée et dressée par M. Bois, capitaine d'état-major; assisté de M. Frey, sous-lieutenant d'infanterie de marine en 1870 - Source Gallica - BNF Clic...


Traité d'alliance conclu à Saint-Louis le 29 avril 1829 avec les Maures Dakhelifas

Traité d'alliance conclu à Saint-Louis le 29 avril 1829 avec les Maures Dakhelifas - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 3 page 540 – Gallica-BNF

En mai 1829, Pierre-Édouar Brou, succède à Jean Jubelin au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 28 mai 1831 Thomas Renault de Saint-Germain, remplace Pierre-Édouar Brou au poste de Gouverneur du Sénégal Le 29 mai 1832, le Gouverneur du Sénégal, Thomas Renault de Saint-Germain, conclu un traité d'amitié et de commerce avec Ahmed-Abou-Aly et Abhedy-Ould-Mahmoud, chefs de la tribu Maure des Dacbaguis. Il permet aux maures de la tribu des Dacbaguis de se rendre librement à Saint-Louis pendant les guerres qui pourraient avoir lieu entre le Sénégal et les Trarza en échange de renseigements sur les projets hostiles contre le Sénégal et la protection de ses habitants de toute injure soit par des avertissements salutaires, ou tous autres moyens.

Traité d' amitié et de commerce conclu à Saint-Louis, le 29 mai 1932, entre les chefs de la tribu des Dacbaguis

Traité d' amitié et de commerce conclu à Saint-Louis, le 29 mai 1932, entre les chefs de la tribu des Dacbaguis - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 4 page 180 – Gallica-BNF.

Le 18 octobre 1833, Jean-Baptiste Bertrand Armand Cadéot, remplace Thomas Renault de Saint-Germain, décédé, au poste de Gouverneur du Sénégal par intérim.

Le 15 novembre 1833, Eustache-Louis-Jean Quernel, remplace Jean-Baptiste Bertrand Armand Cadéot, au poste de Gouverneur du Sénégal.

En 1833, la Brak du Waalo ayant marié sa fille Guimbotte avec le roi des Trarza, le Gouverneur Thomas Renault de Saint-germain s'opposa à l'union de ces deux pays qui devait relever du roi des Maures. Il s'ensuivit entre ces derniers et les gens du Waalo, une guerre qui motiva en juillet, de la même année, deux expéditions successives contre les Trarza.
Cette guerre se termina par une défaite infligée à Mohamed El Habib, roi du Trarza par le Capitaine Eustache-Louis-Jean Quernel.

Le 10 février 1834 Louis Pujol remplace Eustache-Louis-Jean Quernel au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 30 août 1835, à Saint-Louis, revêtus des pouvoir du Gouverneur du Sénégal Louis Pujol; Victor Calvé, Directeur de la Compagnie de Galam; Alin, Maire de Saint-Louis; F. Pellegrin habitant notable; Caille, capitaine du deuxième régiment de marine et Monteillet, négociants, ont conclu un traité de paix et d'amitié avec Ahmed-el-Leyghat, frère du Roi des Trarza; Ahmet-Cheye; Ahmet-Omeyda; Ahmet-Boubakar-Sadiq, Princes des Trarza revêtus des pouvoir de Mohammed-El-Habib.
Mohammed-El-Habib renonce formellement pour lui et ses descendants, à toutes prétentions directes ou indirectes sur la couronne du Waalo et notamment pour les enfants qui pourraient naître de son mariage avec la Princesse Guimbotte.
Mohammed-El-Habib et les Princes Trarza promettent, de rechercher les gens du Waalo qui ont pris part directement ou indirectement pour le Sénégal pendant la guerre contre Fara-Penda et ses partisans, ainsi que contre les maures Trarza, et s' engage à accepter l'intervention du Gouvernement français pour terminer leurs différents avec Eliman Boubakar...

Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis, le 30 août 1835, avec Mohammed-El-Habib, Roi des Trarza

Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis, le 30 août 1835, avec Mohammed-El-Habib, Roi des Trarza - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 4 page 311 – Gallica-BNF


Le 4 septembre 1835 le Gouverneur du Sénégal Louis Pujol désigne Victor Calvé, Directeur de la Compagnie de Galam; Alin, Maire de Saint-Louis; Caille, capitaine du deuxième régiment de marine ; Monteillet, négociants ; F. Pellegrin habitant notable; Jean Derneville, habitant notable et Monserat, agent du gouvernement pour négocier la paix avec Fara-Penda, Brack du Waalo et les chefs du Waalo ; les Princes Manboye-Fauta (Brick) ; Sakoura (Bethio), Barick-Diak (Malo), Natago (Diawdine), Madiatel (Riket), et Samba-Gandiol (Benkanèque Dourbel).
Le Brack et les principaux chefs du Waalo s’engagent pour eux et les gens de leur parti à n’inquiéter et rechecher les gens du Waalo qui ont pris parti dans cette dernière guerre pour Kerfi ou le Sénégal ; ils acceptent ma médiation du gouvernement français pour mettre un terme à leurs différants avec Eliman Boubakar en contrepartie du paiement de la coutume de cette année et des années suivantes.

Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis, le 4 septembre 1835, avec les Rois et chefs du Wallo

Traité de paix et d'amitié conclu à Saint-Louis, le 4 septembre 1835, avec les Rois et chefs du Wallo - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 4 page 313 – Gallica-BNF


Le 9 avril 1836, Médéric Malavois remplace Louis Pujol, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 29 décembre 1836, Louis-Laurent-Auguste Guillet, remplace Médéric Malavois, décédé, au poste de Gouverneur du Sénégal par intérim.

Le 24 mars 1837, à Seguiou, Henry-Félicité-Victor Dagorne, commandant particulier de l’Île de Gorée, au nom du Roi de France, conclue une Convention pour une cession de territoire avec Bodhian Danfa, Roi du pays de Boud’hié et ses notables.
Bodhiab Danfa s’engage à recevoir et protéger les marchand et commerçants français et cèdent en accord avec les notables de Seguiou et Pathioboro, en toute propriété, un terrain situé au sud du village de Séguiou, le long de la rivière en la descendant, un espace de 250 mètres sur une profondeur de 100 mètres dans l’intérieur.
Le traité est signé par H. Dagorne ; A. Caduel ; Lombard ; E. Raoul et J. Baudin pour la France et Cachets de Boudanta, Roi ; Assao, Alkati et Massa-Hma, écrivain.

Convention conclue à Séguiou le 24 mars 1837, entre la France et le Roi de Boud’hié, pour une cession de territoire.

Convention conclue à Séguiou le 24 mars 1837, entre la France et le Roi de Boud’hié, pour une cession de territoire. - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 4 page 364 – Gallica-BNF


Le 15 août 1837, à bord du bateau à vapeur l’Africain, M. Prosper Simon, lieutenant de vaisseau et commandant du vapeur l’Africain, chargé des pouvoir du Gouverneur du Sénégal et dépendances, Louis-Laurent-Auguste Guillet, conclu un traité de paix et d’amitié avec Sambo-Congom dit Sambo Combo chef du Tuabo.
Le Gouvernement français, malgré les torts récents de Sambo Combo envers lui, consent à continuer des relations amicales aux conditions suivantes:
Les coutumes payées par la compagnie de Galam et tout autre commerçant restent les mêmes; celles de la portion de territoire de Galam située entre le Marigot de N’Guerrère et la Falémé, continueront à être payées à Samba Combo, qui promet de respecter, protéger et secourir, en tout temps, les navires ou embarcations de commerce qui remontent le fleuve jusqu’à Médine.
Les N’Diaye habitant le village de Bakel, étant sous la protection spéciale du gouvernement français, Sambo Combo promet de les respecter eux et leurs propriétés, et en cas de conflit, d’en référer immédiatement au commandant du poste de Bakel. Le traité est signé par le Capitaine de l’Africain, approuvé par le Gouverneur Louis-Laurent-Auguste Guillet pour la France et Sambo Combo et des témoins.

Le 17 août 1837, un traité similaire est conclu entre la France et Sambo Congol, dit Samba Yacine, chef de Toubaboucaney et les principaux Bakeris de Majana.

Traité de paix, d’amitié et de commerce conclu le 15 août 1837 avec le chef de Tuabo et du 17 août 1837, entre la France et Sambo Congol dit Samba Yacine, chef de Toubaboucaney et les principaux Bakeris de Majana.

Traité de paix, d’amitié et de commerce conclu le 15 août 1837 avec le chef de Tuabo et du 17 août 1837, entre la France et Sambo Congol dit Samba Yacine, chef de Toubaboucaney et les principaux Bakeris de Majana.Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 4 page 381 et 382 – Gallica-BNF.


Carte des peuples du Sénégal, pour servir à l' intelligence de leur histoire dressée par D. Boilat en 1853

Carte des peuples du Sénégal, pour servir à l' intelligence de leur histoire dressée par D. Boilat en 1853 - Source Gallica - BNF Clic...


Le 14 septembre 1837, par ordonnance royale du 1er mai 1937, Julien-Armand Sorel, remplace Louis-Laurent-Auguste Guillet, au poste de Gouverneur du Sénégal.

En 1839, Pons-Guillaume-Bazile Charmasson de Puylaval, remplace Julien-Armand Sorel, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 17 décembre 1839, le Gouverneur du Sénégal et dépendance, Pons-Guillaume-Bazile Charmasson de Puylaval, à bord de l’Érèbe, conclu une convention avec les chefs d’Itou et Dhiogué, Cafarabé et Soucredenn, pour la cession du territoire, en toute propriété et souveraineté, situé sur le littoral sud de l’île de Dhiogué, compris entre le fond du Marigot ou de la crique de ladite île, sur l’entrée de la Cazamance jusqu’à la partie extérieure de la petite passe, en échange de coutume annuelle.

Convention conclu à Itou, le 17 décembre 1839, entre la France et les chefs d’ Itou et Dhiogué pour la cession de leur territoire

Convention conclu à Itou, le 17 décembre 1839, entre la France et les chefs d’Itou et Dhiogué pour la cession de leur territoire. Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 4 page 513 – Gallica-BNF.


Le 21 décembre 1839, le Gouverneur du Sénégal et dépendance, Pons-Guillaume-Bazile Charmasson de Puylaval, à bord du bateau à vapeur l’Érèbe, conclu une convention pour la cession de leur territoire avec Diénou, chef de Sandignery; Sibity, Chef de Dingavare; Yabou, chef de Bisseri; Jrama Dramé, Alkaty de Sandignery; Sinkou, Alkaty de Dingavae; Souleyman, envoyé de l’Alkaty de Sandignery; Tombou, envoyé du chef de Sandignery; Daroma, envoyé du chef de Dingavare; Dalo, envoyé de l’Alkaty de Dingavare.
Ceux-ci cédent en toute propriété et souveraineté le littoral de la Cazamance dépendant de leurs teiitoires sur une profondeur de 200 mètres.
En attendant la formation des établissements, ils s’engagent à garder et arborer le pavillon français, en contrepartie du paiement d’une coutume annuelle en marchandises.

Convention passée en Cazamance, le 21 décembre 1839, entre la France et les chefs des villages de Bissery, Dingavare, et Sandignery, pour la cession de leur territoire

Convention passée en Cazamance, le 21 décembre 1839, entre la France et les chefs des villages de Bissery, Dingavare, et Sandignery, pour la cession de leur territoire. Sources: Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 4 page 514 – Gallica-BNF.

Le 23 décembre 1839, à Soumboudou, pays de Pacao, rivière de Cazamance, M. Dagorne, Commandant particulier de l’Île de Gorée, chargé des pouvoir du Gouverneur du Sénégal et dépendance, Pons-Guillaume-Bazile Charmasson de Puylaval, conclu une convention pour une cession de territoire du littoral entier de leur pays sur une profondeur de 200 mètres avec le Roi et les chefs du Pacao: Manlouferi; Maratafou; Fara; Moussa-Dabou; Masseri; Tamdou; Mahmadi; Ibrahima; Makita et Sada Nounfoun.

Convention conclue à Soumboutou, le 23 décembre 1839, entre la France et les chefs et habitants de Soumboudou et Pacao pour une cession de territoire

Convention conclue à Soumboutou, le 23 décembre 1839, entre la France et les chefs et habitants de Soumboudou et Pacao pour une cession de territoire . Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 4 page 515 – Gallica-BNF.


En mai 1841, Jean-Baptiste Montagniès de La Roque, remplace Pons-Guillaume-Bazile Charmasson de Puylaval, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Jean-Baptiste Montagniès de La Roque

Jean-Baptiste Montagniès de La Roque (1793-1862) - source: Janet-Lange , L. Dumont, graveurs et Duclos, photographe — L'Illustration, Journal Universel, avril 1862 p 252


Le 7 mai 1842, Paul Pageot des Noutières remplace Jean-Baptiste Montagniès de La Roque, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 6 février 1843, Édouard Bouët-Willaumez, remplace Paul Pageot des Noutières, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Louis-Édouard Bouët-Willaumez

Louis-Édouard Bouët-Willaumez (1808-1871) photo Eugène Disdery


Voyage dans l' Afrique occidentale comprenant l'exploration du Sénégal, depuis Saint-Louis jusqu'à la Falémé au dela de Bakel; de la Falémé depuis son embouchure jusqu'à Sansandig; des mines d' Or de Kéniéba, dans le Bambouk; des pays de Galam, Boundou et Wooli; et de la Gambie, depuis Babacounda jusqu'à l'océan; exécuté en 1843 et 1844, par une commission composée de Huard-Dessinières Jamin, Raffenel, Peyre-Ferry et Potin-Patterson. Rédigé et mis en ordre par Anne-Jean-Baptiste Raffenel

Au mois d' août 1843, Monsieur Édouard Bouët-Willaumez, gouverneur du Sénégal, nomma, pour explorer différents pays de la Sénégambie, une commission composée de Monsieur Huard-Dessinières, pharmacien de marine de première classe, Président; Jamin, enseigne de vaisseau; Anne-Jean-Baptiste Raffenel, officier du commissariat; Peyre-Ferry, chirurgien de troisième classe, et Pottin-Patterson, habitant du Sénégal.
Cette expédition avait pour but d'étudier les moyens de multiplier nos relations politiques et commerciales, d'examiner avec soin les mines du Bambouk et les procédés d'extraction des indigènes, enfin, d'en déterminer la position astronomique de divers lieux et d'établir la carte de la Falémé.
À cette commission avaient été adjoint, par ordre du gouverneur, trois jeune sénégalais Edmond le Juge, Ferdinand Girardot et Honoré Lamotte, choisis par le chef de l'institution de Saint-Louis: cette mesure était prise, sans doute, pour préparer ces jeunes gens, en les initiant à une vie pénible,et, en leur faisant reconnaître les localités, à remplir plus tard des missions du même genre ou à occuper des emplois dans les nouveaux établissements qui pourraient être créés dans la Sénégambie. Telle était du moins l'interprétation donnée par la présence de ces enfants au sein de la commission, et cette interprétation s'est pleinement justifiée depuis. Il furent par la suite envoyés en France pour y recevoir une instruction spéciale à l'école des Arts et des Métiers de Châlons-sur-Saône.
Le cotre le "Furet" et une yole fut mis à la disposition de la commission: le côtre devait la transporter à Bakel et remonté la Falémé; la yole devait servir pour continuer les explorations lorsque les basses eaux ne permettrait plus au côtre de navigué; l'équipage de la yole composé de cinq Laptots et deux domestiques africains formaient la seule escorte permanente de la commission.

Le 16 août 1843, le "Furet" appareilla de Saint-Louis à 7H30, ayant à bord 1.500 francs de marchandises destinées principalement à être donné en présent au chef du Boundou.
À 14 H la commision arriva à Maka, située sur le rive gauche à 500 ou 600 mètre du bord du fleuve Sénégal. Le village était habité par le Marabout Sérinn-diama, qui, pendant la guerre de 1834, avait pris parti pour Kersi. Ce Marabout obtint le titre de Kaï, seconde dignité de l'Etat; mais obligé de suivre la fortune de son chef, il perdit à la paix sa charge et les avantages qui y étaient attachés. Sérinn-diama était de la famille des "Gueuses?", jadis en possession prépondérante qu'elle avait perdu aujourd'hui, car elle n'avait point de forces à opposer aux autres familles des Tédieks et des Logors, qui se disputaient la souveraineté du Waalo. Les Gueuses ont complètement été annéantis dans une bataille livrée en 1795, sous le Maderbi, dans la partie du désert situé vis-à-vis du village de N'Tionk. Le village de Maka appartenait au Waalo; cependant, comme les Maures occupaient presque en souverain le pays, les habitants, pour jouir de plus de sécurité, s'étaient mis, moyennant paiement d'un assez fort tribut, sous la protection de Mammdéléga, frère du roi des Maures Trarzas.
Détail carte de la banlieue de St Louis, du Oualo, du N Diambour levée et dressée par M. Bois, capitaine d'état-major; assisté de M. Frey, sous-lieutenant d'infanterie de marine en 1870

Carte de la banlieue de St Louis, du Oualo, du N Diambour levée et dressée par M. Bois, capitaine d'état-major; assisté de M. Frey, sous-lieutenant d'infanterie de marine en 1870 - Source Gallica - BNF Clic...


Le 17 août 1843 à 6H, ils arrivèrent à la hauteur du village de Débi, situé sur la même rive que Maka, mais à 18 kilomètres à l' intérieur des terres. Il était établi sur un monticule de sable, et son importance n'était due qu'au marigot de N'Donk, qui l'arrosait; aussi le commerce des habitants consistait principalement en poisson frais et sec et en huile que leur fournissait les "ess" et"n'diamés", poisson très abondant dans le marigot. Débi appartenait à un prince du Waalo, et payait des tributs à Mamm-déléga et un autre prince Trarza qui rançonnait les habitants après les avoir effrayés par des menaces, qu'il lui arrivait même quelquefois d'exécuter, malgré le tribut reçu.
À 11H, ils doublèrent le marigot N'Guiaguer ou des Maringouins, qui à peine indiqué dans la saison sèche, était fort large pendant la saison des pluies; les eaux se répandant abondamment dans les plaines voisines, y formant de petits étangs et surtout des mares étendues, mais peu profonde, dans lesquelles les africains pêchaient la sangsue officinale. Pour que la pêche soit productive, ces flaques d'eau, généralement désséchées en janvier, devaient être exploitées peu de temps après les pluies.
Le marigot des Maringouins, qui communiquait avec l'océan Atlantique, était un lieu consacré, par les africains, à une cérémonie nommée Bagnass, ce nom était étendu au lieu. La cérémonie, semblable à celle du baptême du tropique ou de l'équateur, consistait en prières, en serments qu'ils faisaient prếter au nouveaux baptisés, enfin en une aspersion plus ou moins abondante d'eau et de cendre, selon le degré de générosité qu'ils supposaient au néophyte ou selon l'autorité qu'il excercait sur eux. Le passage d'une Bagnass s'annonçait par le bruit des Tam-Tams, de grands cris et des coups de fusil.
Détail carte de la banlieue de St Louis, du Oualo, du N Diambour levée et dressée par M. Bois, capitaine d'état-major; assisté de M. Frey, sous-lieutenant d'infanterie de marine en 1870

Carte de la banlieue de St Louis, du Oualo, du N Diambour levée et dressée par M. Bois, capitaine d'état-major; assisté de M. Frey, sous-lieutenant d'infanterie de marine en 1870 - Source Gallica - BNF Clic...


À 14H, ils atteignirent le village de Kamm, placé sur la rive droite du fleuve Sénégal. Il appartenait au Waalo et avait pour chef Sandioutt. Les femmes y fabriquaient des nattes réputées parmi les africains, qu'elles vendaient à leurs traitants. Elles faisaient également sécher du poisson. Les plaines des environs, fortement inondées pendant l'hivernage, produisaient en abondance, auu retrait des eaux, ce riz du Sénégal, qui était très apprécié dans le pays. Les cultures de mil, établies à quelque distance du village, étaient remarquable par leur beauté. Les habitants de Kamm payaient, en grains, des tributs à un prince Trarza nommé Mametchei le plus agé des Cherké-Oualad-Idi, famille très influente, dont l'un membres, sans doute un Marabout puissant, nommait et déposait les rois. Toutefois, la puissance de cette famille avait considérablement diminué depuis quelques années, par suite de troubles politiques du pays. En 1822 Ameth-Fall, fils d'Omer, fut tué à Portendik, par Ibrahim-Wali. Le fils de N'Diak fut assassiné en 1837, par un fils de Mametchei nommé Souedi-Ameth, qui en 1843 commit un nouveau crime à Maka, sur un de ses proche parent nommé Hédi.
À 15H, il arrivèrent au village de Diaouar, situé, sur la rive gauche, si près de l'eau que pendant l'hivernage il était en partie inondé. Ces habitants payaient des tributs à Mametchei, et avaient la même industrie que ceux de Kamm.
À 16H45, après avoir dépassé le marigot de Yalakar,ils arrivèrent au marigot de Ronk ou Gorum, qui était assez considérable; les Gueuses et les Logors du Waalo s'y étaient réfugiés, il traversait en serpentant une partie de l'île de Bettio, rejoignait en perdant son nom celui du Four-à-Chaux, et baignait le village de Lammsar. Il était navigable pour les petits navires pendant l'hivernage seulement et pour les chalands toute l'année.
À 17H, ils atteignirent Brenn, sur la rive droite, il était divisé en deux parties par un marigot qui contenait peu d'eau, même pendant la saison des grandes pluies. De l'autre côté du fleuve, et presque en face, se trouvait le village de Korr, éloignés du bords de quelques kilomètres.
Détail carte de la banlieue de St Louis, du Oualo, du N Diambour levée et dressée par M. Bois, capitaine d'état-major; assisté de M. Frey, sous-lieutenant d'infanterie de marine en 1870

Carte de la banlieue de St Louis, du Oualo, du N Diambour levée et dressée par M. Bois, capitaine d'état-major; assisté de M. Frey, sous-lieutenant d'infanterie de marine en 1870 - Source Gallica - BNF Clic...


À 17H15, après avoir dépassé l'escales des Darmankours, ils aperçurent, sur la rive droite, le village de Diek et le marigot de ce nom, dont l'entrée était indiqué par un ronier. Ce village était également tributaire de Mametchei. Le chef, qui prenait le titre de Bey-Diek, recevait d'eux des coutumes annuelles pour favoriser le commerce de la gomme à l'escale des Darmankours placée dans la juridiction de son village.
À 18H, ils traversèrent l'escale des Trarza et atteignirent le village de Diekten, sur la rive gauche. Il était situé sur un monticule de sable et obéissait à Diafley, qui recevait, comme le Bey-Diek, des coutumes annuelles pour faciliter l'apport des gommes à l'escale de Trarza et dénoncer la contrebande. Sur la rive droite ils longèrent le camp Maure Azouna, qui se retirait dans l'intérieur qu'au moment de l' hivernage; leur chef se nommait Eli-Moctar-Fall, c'était une tribu Trarza très redoutée dans le Waalo à cause des brigandages qu'elle y commettait chaque année.
À 19H45, ils arrivèrent en vue, sur la rive gauche, du village de N'Tiagar, assis sur une élévation dans une position agréable. Il était assez grand et peu peuplée, son commerce consistait en natte, mil et poisson sec. Les navires s'y arrêtaient souvent pour échanger du tabac et de la guinée. Ce village avait été choisi pour l'entrevue annuelle de la reine du Waalo, Yombott, avec son époux, le roi des Trarza. Cette alliance était toute politique et avait facilitée sans trop de convenances mutuelles des époux; ceux ci semblaient, du reste, pouvoir se passer parfaitement l'un de l'autre, et, peut être même très satisfaits de ne se rencontrer qu'une fois l'an, dans une entrevue officielle. Des coutumes annuelles étaient aussi payé au chef de N'Tiagar, pour l'assistance qu'il était censé apporter dans le commerce de la gomme à l'escale des Trarza. Ces coutumes, le plus souvent, ne déterminaient pas, ceux qui les percevaientt de protéger ou activer le commerce; elles ne servaient qu'à empêcher les chefs du Waalo de ne pas entraver obstensiblement les transactions.
À 19H30, ils dépassèrent le marigot de Faff, où se trouvait autrefois un fort, qui était abandonné et presque détruit. Il s'y trouvait un gué dont profitait les Maures pour traverser le fleuve et se répandre dans le Waalo. Il était regrettable que l'importance de ce point n'eut pas été mieux compris il y avait quelques années; en y maintenant un poste fortifié, le passage des Maures, si dangereux pour les habitants du Waalo, aurait été au moins arrêté à cet endroit.
À 20H, ils virent sur la rive droite l'ancienne escale de Kamm, qui était limitée par un marigot où était sacré les rois du Waalo et sur la rive gauche les ruines du village de N'Diangue
À 20H30, ils passèrent le village de Bagamm, sur la rive gauche. en face se trouvaient le marigot de Garak, qui communiquait, en traversant le désert, avec le marigot de Gaé, après avoir baigné de ses eaux un village fondé depuis peu de temps, qui reçut le nom de Garak. Bagamm avait pour chef Montel
À 21H, après avoir passé l'habitation Calvé et la Sénégalaise, ils arrivèrent au village récemment établi de N'Diao, sur la rive gauche. Il contenait une faible population et appartenait à un prince du Waalo, nommé Diogomail. Ils dépassèrent peu après, le villade de N'Diangui, qui devenait de jour en jour plus considérable: c'était l'ancienne capitale du Waalo et le séjour du prince N'Diandine. De plus c'était un lieu de relâche pour les navires remontant le fleuve.
À 21H45, ils mouillèrent devant Richard-Toll, poste militaire à l'entrée du marigot de Tahoué, qui communiquait avec le lac Panié-Foul. Cette position, qui était la clé de ce lac, était d'un grand intérêt dans la prévision d'une guerre avec le Wallo. Le marigot de Tahoué était navigeable pour les chalands à peu près toute la saison, et il l'était aussi pendants les hautes eaux, pour des bâtiments d'un tirant d'eau de 4 à 5 pieds. C'était ce marigot qui communiquait avec le poste-comptoir de Mérinaghen, nouvellement établi sur le lac. Richard-Toll (jardin en Wolof) était comme son nom l'indiquait, un ancien chef-lieu de culture et un jardin modèle dans lequel Monsieur Richard, botaniste distingué, avait établi, sur une très grande échelle, des essais d'acclimatation appliqués à des arbres et à des plantes exotiques. Ce jardin avait joui pendant longtemps d'une remarquable prospérité et avait donné, grâce aux soins de ses fondateurs, des fruits, des légumes et des produits utiles à l'industrie. Mais des mesures de prudence, commandées dans l'intérêt de la défense du poste, déterminèrent, en 1840, la destruction complète des plantations, lors d'une guerre contre les Maures Trarza, par crainte de les voir, la nuit, se cacher derrière en vue d'une attaque surprise. En 2 heures 25 années de travail furent anéanties.

Le 18 août 1843, la commission changea de côtre, le "Furet" fut remplacé par le "Vigilant", beaucoup plus grand et d'un plus faible tirant d'eau. Cette proposition de changement avait été faite par le chef de bataillon Caillé, commandant supérieur des escales, qui se trouvait en relâche à Richard-Toll et qui allait avec le "Vigilant" inspecter le fort de MérinaGhen, en y apportant des munitions et des canons. Le transbordement dura 7 heures.

Le 19 août 1843 à 7H, le bateau "L'Erèbe" arriva et repartit à 8H en compagnie de la commission à bord du "Vigilant".
Vers 10H, ils arrivèrent devant Guidakar, village situé à 1.5 kilomètre de la rive gauche. Ses habitant étaient des Gantenns, famille du Waalo, dont les moeurs se rapprochaient beaucoup de celles des griots, l'un des éléments les plus originaux qui composaient la population de l'Afrique occidentale. Guidakar était inondé pendant la mauvaise saison, et cette inondation qui s'étenfait fort loin, donnait naissance aux marais désignés sous le nom de Saftou, dans lesquels se trouvait une très grande quantité de sangsues. Après le retrait des eaux, il était possible d'établir de très belles cultures de riz dans les plaines qui entouraient ce village. Il s'y cultivait déjà avec succès des mils, des patates douces et des melons.
À 11H, ils arrivèrent à Todd, île assez fertile à laquelle plusieurs gouverneurs du Sénégal avaient songé pour des exploitations agricoles, ils avaient abandonnés ce projet avec raison, car cette île était inondée pendant une grande partie de l'année. Un village qui porte son nom en occupe le centre; ses habitants étaient comme ceux de Guidakar, des Gantenns du Waalo, qui payaient aux mêmes chefs Maures (les Abolès, princes des Trarza).
À 11H30, ils doublèrent le village de M'Bilor, dans les environs s'était livré, en 1829, un combat où fut pris le faux prophète Demba-Golokh, son armée défaite par le gouverneur Brou, qui commandait les troupes du Sénégal.
À 12H30, ils arrivèrent à Dagana et y mouillèrent et retrouvèrent toute une petite escadrille de traitants de Saint-Louis en route pour Galam. "L'Erèbe" refit du charbon. Dagana était un des plus considérables villages du bas du fleuve, qui devait sa prospérité à la protection du fort militaire qui y était entretenu. Le village de Dagana était divisé en deux: l'une appartenant au Waalo et dirigé par Diombonak; et l'autre appartenant au Fouta, qui avait pour chef un marabout, qui état toujours désigné par l'Almamy. Dans le voisinage se trouvait un marigot où le poisson abondait, ce marigot portait le même nom que le village. À Dagana comme à Yangué et à N'Dombo, dans le marigot de Tahoué, ils y fabriquaient divers objets de poterie et particulièrement des vases de terre appelés "canaris" et des pipes dont les africains faisaient grand usage. Les femmes griottes passaient pour les plus habiles ouvrières du pays dans ce genre d'industrie. Dagana payait des tributs aux Akénibb, de la nation Maure Trarza. Le poste français de Dagana était commandé par un officier d'infanterie, et avait une garnisons de 30 soldats africains et une dizaine de pièces de canon en fonte de fer. Le poste de Dagana était une espèce d'édifice régulier dont la facade donnant sur le fleuve présentait l'aspect d'une maison ordinaire; c'était le logement de la garnison et du commandant qui occupait ce côté: les murs avaient une hauteur de 2.5 mètres environ; les angles étaient garnis de canons. Dagana séparait le Fouta du Waalo.
À 18H, "L'Erèbe" pris en remorque le "Vigilant" et cinq bâtiments de traite qui étaient mouillées à Dagana, dont plusieurs très lourds.
À 21H, ils arrivèrent à Gaé, grand village du Fouta, établi sur la rive gauche et dirigé par un marabout. Vis à vis se trouvait le marigot du même nom, qui communiquait avec celui de Coudé, Le marigot était riche en poissons et les habitants du village d'habiles pêcheurs. Leurs femmes préparaient et vendaient aux navires le produit de la pêche de leurs maris. Ils cultivaient du mil et des arachides dans les environs du village. Il était fréquenté par les Maradinn et les Véladaëdd, tribus Trarza qui faisaient concurremment avec les habitants du village, la contrebande de gomme, pour le compte des traitants de Saint-Louis. Cette escale avait été abandonnée en 1833. Gaé payait des tributs aux fils de Boubakar-Siré, prince Trarza
À 23H, ils passèrent le village de Bokol, éloigné deplusieurs kilomètres de la rive gauche. Il avait également un marabout comme chef. Les habitants étaient des cultivateurs et pêcheurs de caïmans. Bokol était aussi un lieu de contrebande que fréquentaient les Maradinn et les Véladaëdd. Le débarcadère du village était remarquable par un grand arbre nommé "kad" dans le pays.

Le 20 août 1843 à 8H, après avoir passé le marigot de N'Dor, ils arrivèrent au village de Fanaye sur la rive gauche du fleuve. Fanaye était un village très peuplé, très riche en mil, poissons séchés et nattes, qui payait des tributs à Eléga, prince Trarza et avait pour chef un marabout du Fouta. Les bateaux de la Compagnie y faisaient souvent escale.
Détail carte de la banlieue de St Louis, du Oualo, du N Diambour levée et dressée par M. Bois, capitaine d'état-major; assisté de M. Frey, sous-lieutenant d'infanterie de marine en 1870

Carte de la banlieue de St Louis, du Oualo, du N Diambour levée et dressée par M. Bois, capitaine d'état-major; assisté de M. Frey, sous-lieutenant d'infanterie de marine en 1870 - Source Gallica - BNF Clic...


À 10 H, ils passèrent devant un lieu nommé Caxhot ou Risga par les indigènes: c'était un endroit dangereux pour leurs bateaux quand ils étaient en guerre avec le Fouta, car les habitants, profitant de l'élévation des rives, creusaient, selon leur habitude, des trous dans la terre, et s'y plaçaient dans le dessein de tirer, sans être exposés, sur les hommes des navires, dont ils dominaient le pont.
Après avoir doublé l' île de Lamnayp, où se tenaient habituellement des camïans et des hippopotames, ils arrivèrent à midi au gué de Lounghel, endroit que traversaient les Maures pour se répandre dans le Fouta.
À 19 H, ils arrivèrent à Laboudou-Diao, village situé devant le marigot de Doué, qui contournait l'île au Morphil; à 8H15 au village de Doué et à 8H30 à l'escale du Coq, où se faisait la traite de la gomme avec les Maures Brakna. Et à minuit ils dépassèrent le village de Moussa-Bakari, pêcheur célèbre, situé sur la rive gauche.Peu avant ce village se trouvait le marigot de Kotala, dans lequel vivait un très gand nombre de caïmans, qui faisaient des ravages sur les troupeaux Maures; malgré les précautions prisent par ceux-ci pour les préserver des attaques de ces redoutables animaux.

Le 21 août 1843 à 1H, ils dépassèrent Souima, petit village de la rive gauche où habitait il y a fort longtemps, la famille de l'Almany actuel du Boundou.
À 2H ils arrivèrent à Podor, où ils mouillèrent jusqu'à 4H du matin. Ce village, assez grand, était le séjour habituel des enfants de Mockar-Boubou, ancien ministre des Brakna; l'un d'eux Diak-Moctar en était le chef; les habitants étaient cultivateurs et pêcheurs.
Au siècle dernier, au temps du gouverneur Adamson, il y avait un fort et c'était à cet endroit que se terminait le voyage annuel du fleuve.
À 6H, ils arrivèrent à Diatal, sur la rive gauche. Ses habitants, d'habiles cultivateurs émigraient pendant la saison des pluies, et se retiraient à l'intérieur des terres, pour fuir l'inondation qui envahissait leurs cases et leurs cultures.
À 7h ils aperçoivent Mao et à 7H45, ils passérent devant Moktar-Salam, placés tous les deux sur la rive gauche. Ils remarquèrent quelques hommes armés; qui craignant une surprise du bateau à vapeur, se tenaient sur la défensive et prirent possession de leurs trous de terre.
À 8H, ils doublèrent le marigot et le passage d'Ouroaedo, et à 8H10 le village du même nom.
À 8H45, ils dépassèrent Banam et arrivèrent à 10H05 à Diaô, inhabité pendant l'hivernage, il jouissait d'une bonne réputation auprès des traitants, aussi les gros navires marchands en provenance de Galam, qui sont obligés d'attendre des bateaux de plus faibles tonnages, pour faire route vers Saint-Louis, choississaient ce lieu pour patienter, et en profitaient pour acheter en contrebande de la gomme aux Maures Brakna>, et du mil ou d'autres objets aux habitants Foulahs des environs.
À 14H ils arrivèrent au village d'Alôar sur la rive gauche; à 2H55, au marigot de Mafou, situé sur la même rive.
À 15H15 ils passèrent à Sarpoly, à 17H ils dépassèrent Alybiram, sur la rive droite, pour arriver à 18H au marigot de Souksa et à 20H à M'Barobé. Presque tous ces villages présentèrent des rassemblements d'hommes armés, plutôt inquiets et craintifs que dominés par des sentiments de vengeance.

Le 22 août 1843 à 1H du matin ils dépassèrent le village de Dara, à 2 H celui de N'Dormboss, d'où deux coups de feu partis de ce village, provoque un tir de pierrier en riposte.
À 6H ils atteignirent Aleybé, éloigné de 2 kilomètres de la rive, celui-ci était considérable en étendue et en population. Ses habitants courageux se battaient souvent contre les Touabir, tribu des Braknas, qui venaient ravager leur Lougans de la rive droite. Aleybé était autrefois sur le bord du fleuve, mais comme ses habitants commettaient souvent des exactions sur les navires, il eut le même sort que Casga.
À 8H20, ils longèrent le marigot de Boki sur la rive droite et à midi le marigot de Oualadé sur la rive gauche qui versait ses eaux dans celui de l'île au Morphil. Autrefois il existait à l'entrée un village assez considérable, qui a été détruit par la tribu Maure des Touabir.
À 13H10, ils passèrent à Ourogandé. La chronique rapportait que le faux prophète Demba-Golokh, ayant voulu camper avec son armée, dans une plaine boisée, fut chassé par des lions qui fondirent, à l'improviste sur lui et les siens. Dans le pays, cette intervention des lions fut considérer comme un avertissement d'abandonner une mauvaise cause, et les rangs de son armée s'éclaircirent rapidement.
À 18H30 ils atteignirent, sur la rive gauche, le village de Casga, qui n'offrait plus que des ruines et des traces d'incendis, car le Gouverneur Édouard Bouët-Willaumez, irrité des lenteurs que les habitants de ce village mettaient à indemniser les négociants et les traitants qu'ils avaient dépouillés, avait dirigé lui même une expédition dans laquelle Casga a été complètement détruit. Les habitants de Casga étaient des Toucouleurs de la tribu des Laôs, qui passaient dans le pays pour des hardis et incorrigibles voleurs. Ils étaient soutenus dans leurs pillages par ceux du village de Dounguel, qui étaient aussi des Laôs.
À 20H ils dépassèrent Dounguel, grand village situé sur la rive gauche et arrivèrent à 22H, toujours sur la même rive à Gueldédiabé.
À 10H45, ils passèrent devant le village de Galobé et à 11H30 ils longèrent le village de Fondé-el-Iman, toujours sur la rive gauche.

Le 23 août à minuit, ils passèrent à Tioubalou-Détiéfall, village de la rive gauche, habité par des pêcheurs et cultivateurs. À minuit 30, ils sont à Soureill; à 1H à Abdala-Moktar: ce dernier village était occupé par des gens de la tribu des Laôs et avait servi autrefois au père de l'Almany actuel du Foula qui se nommait Biram.
À 2H, ils atteignirent Oualla, et à 5H Diara-N'Guel, toujours sur la même rive. Ces villages étaient habités par des hommes braves qui ne reculaient pas devant les Maures.
À 6H, ils arrivèrent au village de Vasotaké, à 8H30 à celui de Tébékoutt et à 10H20 au passage de Baly-N'Goye.
À 13H35, ils sont devant Saldé, gros village sur la rive gauche occupé par des Torodos et des pêcheurs. C'était là que les navires qui allaient en Galam s'arrêtaient pour payer les coutumes dues à l'Almany du Fouta. Celui-ci était représenté par son ministre El-iman-Bolo.
Détail carte du fleuve Sénégal dressée par M. J. Arnier en 1849

Carte du fleuve Sénégal dressée par M. J. Arnier en 1849 - Source Gallica - BNF Clic...


À 15H04, ils passèrent le village de M'Bagni, sur la rive droite. Il était gouverné par Aldoundé, prince du Fouta, et avait pour habitants des holles assez courageux pour résister aux Maures. Il existait sur la rive opposée un autre village du même nom où les habitants se réfugiaient, quand le premier était inondé. Ils préféraient la rive droite car les terres étaient plus favorables pour les cultures.
À 17H20 ils franchirent le banc de sable de Dooualell, à 2OH ils aperçurent le village de Tiaski sur la rive gauche et à 21H celui de Dabia, qui était autrefois sur la rive opposée mais qui fut détruit et pillé en 1837 par les Maures.
À 22H20, ils passèrent devant Neyré, à 23H devant N'Diafann. Ces deux villages avaient subi exactement le même sort que Dabia et transportés sur la rive opposée.
À 23H30 ils dépassèrent Riguiann, village de la rive gauche occupé par une population turbulente, et à 23H45 ils sont devant Gabobé.

Le 24 août 1843, à 5H du matin, ils passèrent devant Kaëdi, grand village de la rive gauche occupé par des Foulahs et des Sarracolets, qui formaient, par leur réunion un groupe assez hétérogène; car les premiers étaient de hardis vagabonds, allant chercher des aventures dans des courses dirigées vers un but qui n'était pas toujours fort louable, et les seconds étaient de paisibles marchands qui culttivaient, dans leurs moments de loisir, les terres fertiles du haut Fouta. Sur la rive droite, presque en face de Kaëdi, la plaine était occupée, dans la bonne saison par le camp du prince des Lybas, tribu Maure alliée aux Brakna et soumise à l'autorité d'un chef indépendant. Là le bateau à vapeur l'"Erèbe" les laissa avec les deux bâtiments qu'il remorquait, pour retourner à la rencontre des navires qu'il avait été forcé d'abandonner dans la matinée du 21 août 1843.

Pour lire l' intégralité de "Voyage dans l'Afrique occidentale" fait en 1843 et 1844 par Anne Raffenel édité en 1846 par Arthus Bertrand - Paris 23, rue de Hautefeuille (Source Gallica-BNF
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Le 1er février 1844, Auguste-Lazare Laborel remplace Édouard Bouët-Willaumez, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 25 juillet 1844, Pierre-Maurice Thomas remplace Auguste-Lazare Laborel, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 22 mai 1845 au nom de la France, le Capitaine de corvette H. Baudin et le Capitaine du Castor A. Salomon, passent une Convention pour la protection de commerce francçais et la suppression de la Traite avec le Roi Soliman, chef principal de Rio-Grande. Celui-ci s'engage à bien recevoir et laisser librement trafiquer tous les navires et tous les commerçants français; les navires faisant naufrage sur la côte seront préservés de tous pillages; il s'engage à faire venir et livrer, à prix débattus, la plus grande quantité d'or, de cire, de peaux d'huile,d'ivoire aux troqueurs français; il reconnait que la vente d'esclaves pour l'exportation est mauvais et criminel et qu'il l'interdira sur toute l'étendu du pays soumis à son autorité. En considération de ces résolutions le Capitaine de corvette H. Baudin s'engage à lui remettre chaque année (pendant 5 ans) les objets suivants: 18 fusils à un coup; 50 pièces de guinée; 20 petits barils de poudre; 50 kilogrammes de tabac. signé H.Baudin, A. Salomon; le Roi Soliman avec comme témoin David-James Lawrance.

Convention passée à Rio-Grande, le 22 mai 1845 entre la France et le Roi Soliman, Chef principal de Rio-Grande, pour la protection du commerce Français et la suppressionde la Traite

Convention passée à Rio-Grande, le 22 mai 1845 entre la France et le Roi Soliman, Chef principal de Rio-Grande, pour la protection du commerce Français et la suppressionde la Traite Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 5 page 275 – Gallica-BNF.


Le 23 août 1845, à Sénondibou, une commission, nommé par le Gouverneur du Sénégal et des dépendances, Pierre-Maurice Thomas; composée de Parent, directeur du Génie, Président; Menu Dessable, chirurgien de marine; Paulhallp, Commandant du poste de Bakel; Potin-Paterson, Gérant de la compagnie de Galam à Sénondébou ; conclu un traité entre la France et l’Almany de Bondou pour l’établissement d’un comptoir à Sénondibou.
L’Almany du Bondou cède à la France, en toute propriété, un terrain situé près du Tata de l’Almany, ayant pour longueur 600 pas d’un homme grand, à partir de la rivière allant dans l’ intérieur, et 500 pas d’ un homme grand pour largeur, à partir du côté du Tata allant plus bas, pour y établir un comptoir commercial près du village de Dénondibou pour un montant de 100 pièces de guinée bleue, 100 fusils, 100 grains d’ambre, 100 grains de corail et 100 bagatelles, qui lui ont été remis entre les mains aussitôt après la signature du traité.
Indépendamment du prix d’ achat du terrain le Gouvernement français s’engage à payer annuellement à l’ Almany et aux principaux chefs désignés ci-après, les coutumes détaillées ci-après, à savoir :
À l’Almany, 40 objet dont 20 pièces de guinée et 20 fusils ; à ceux qui le remplaceront, à Amady, son fils (après la mort de Saada) sur les 40 précités, 20 à chacun, 10 fusils et 10 pièces de guinée ;
À l’Alcaty Thiapato, 1 fusil à 2 coup, 1 pièce de guinée, 1 pièce de coton blanc, 1 pièce de mousseline ;
À son fils Boubakar, à Sénondibou, 1 fusil à 2 coups, 5 pièces de guinée.

Signature Parent, Menu-Dessable,Paulhallp, Potin-Paterson, approuvé par le Gouverneur Pierre-Maurice Thomas.
Signature arabe de Saada, Almany du Bondou; Amady-Saada, son fils aîné; Boubakar-Saad, fils cadet; Tiapato Guelado, Ministre de l’ Almany.

Traité conclu le 23 août 1845 entre la France et l’Almany de Bondou pour l’établissement d’un comptoir à Sénondibou

Traité conclu le 23 août 1845 entre la France et l’Almany de Bondou pour l’établissement d’un comptoir à Sénondibou ; - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 5 page 400 – Gallica-BNF.


Ndaté Ylla Mbodj - Linguère du Oualo

Ndaté Yalla Mbodj (1810-1860) - Linguère du Waalo


Le 12 décembre 1845, François-Marie-Charles Ollivier remplace Pierre-Maurice Thomas, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 21 mars 1846, Louis-Antoine Houdé remplace François-Marie-Charles Ollivier, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 30 août 1846, Ernest Bourdon de Gramont remplace Louis-Antoine Houdé, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 1er octobre 1846, à Saint-Louis, Jean-François Caillé, Lieutenant-Colonel, directeur des Affaires Extérieurs, chargé des pouvoirs du Gouverneur, conclu un traité de commerce avec la Reine du Wallo Ndaté Yalla, représentée par les Princes du Wallo: Natago N’jai Jalignet, Jacomba Fari Sar Boubaneck N’Diourbel, Diacoury Jaoudib et Lati Jaou Alcaty.
Ndaté Yalla s’engage à favoriser les relations commerciales dans le lac du Paniéfoul, et laissera arriver au comptoir de Mérinag’hen les marchandises de tous les pays.
Pour 1000 kg de gomme traités, elle touchera une pièce de guinée et recevra annuellement le 1er août une bagatelle composée d’une malette première grandeur; une pièce de mousseline; un pain de sucre de 2 kilos; 10 grains de corail n°3; une bagatelle noire et 500 gramme de clous de girofle.

Traité de commerce, conclu à Saint-Louis le 1er octobre 1846, entre la France et la Reine du Wallo

Traité de commerce, conclu à Saint-Louis le 1er octobre 1846, entre la France et la Reine du Wallo. - Sources : Recueil des Traités de la France (Jules de Clerq) Tome 5 page 480 – Gallica-BNF.


Le 24 août 1847, Jean-François Caille remplace Ernest Bourdon de Gramont, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 7 septembre 1847, Léandre-Adolphe-Joseph Bertin-Duchateau remplace Jean-François Caille, au poste de Gouverneur du Sénégal.

En fin novembre 1847, Auguste Baudin remplace Léandre-Adolphe-Joseph Bertin-Duchateau, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 1er mai 1848, Léandre-Adolphe-Joseph Bertin-Duchateau remplace Auguste Baudin, au poste de Gouverneur du Sénégal.

Le 23 novembre 1848, Auguste Baudin remplace Léandre-Adolphe-Joseph Bertin-Duchateau, au poste de Gouverneur du Sénégal.


Suite...